L’affichage publicitaire : un autre reflet de l’anarchie urbaine
Il y a plus d’un an, on s’en souvient, les autorités locales avaient lancé une vaste opération d’enlèvement des plaques et panneaux de signalisation d’emplacement de commerces, d’activités libérales, établissements et ateliers divers accrochés sur les poteaux d’éclairage public ou même parfois sur des troncs d’arbres.
Depuis quelques semaines, le phénomène semble reprendre à travers les quartiers et cités d’habitat où bon nombre d’appartements en rez-de -chaussée sont transformés en cabinets médicaux, bureaux d’avocats, notaires, laboratoires et autres bureaux d’études. Même les promoteurs immobiliers participent à cette «renaissance» de l’affichage publicitaire anarchique récemment dénoncée également à Ain El Turk par notre confrère à Ouest Tribune.
Une pratique qui semble en effet franchir les limites du tolérable et de la décence en matière de respect des règles et de l’esthétique du cadre urbain. A la cité des 1200 logements des Hlm/Usto qui a bénéficié récemment d’une opération d’aménagement et d’embellissement des espaces, on peut remarquer, entres autres inepties, cette plaque clouée sur une tige en bois plantée sur une allée et indiquant « Garage – ne pas stationner».
En réalité aucun garage n’existe à proximité, si ce n’est l’espace de l’allée de passage occupé par un mécanicien-auto exerçant depuis longtemps son activité en plein air. Un espace mitoyen à la petite salle de prière du quartier et qui a été récemment entouré par des bordures d’espaces verts et des plantations de gazon, sans la moindre préoccupation pour le devenir de l’activité de cet ancien mécanicien connu dans le quartier.
Mais malgré la nouvelle configuration de cet espace aménagé, le mécanicien à repris son activité informelle en implantant même une plaque signalant son emplacement à ceux qui ne le connaissent pas. Bon nombre de résidents montrent envers lui quelques signes d’indulgence, tout en se demandant pourquoi les responsables concernés n’ont pas prévu une éventuelle solution d’insertion hors du champ d’activité informelle.
Bien d’autres exemples d’affichages étonnants peuvent surprendre le visiteur non averti qui découvre ces plaques rapidement badigeonnées signalant «Maa Hlou», vente d’eau douce, et autres activités commerciales installées côte à côte sans la moindre cohérence ni respect des normes urbaines en vigueur. On peut ainsi constater par exemple l’enseigne mal écrite d’un atelier de soudure-ferronneries côtoyant celle d’une pâtisserie et d’un salon de coiffure. Le long de l’axe routier principal traversant la cité, on peut observer des panneaux plantés sur le trottoir ou accrochés anarchiquement entre deux étages sur les façades d’immeubles. Une pratique devenue courante et banale qui ne semble déranger personne.
Ni les citoyens, ni les commerçants assurés d’une certaine immunité, ni encore moins les gestionnaires municipaux chargés pourtant de réguler et de profiter des recettes conséquentes liées à l’affichage publicitaire quand il est bien géré, organisé et contrôlé…
Par S.Benali