Il vaut mieux l’utopie que la résignation
Quand les caméras se détournent d’une stratégie humaine, les occidentaux disent au reste du monde que le problème est réglé. Et ce reste du monde est censé applaudir à la perspicacité des ces puissants du moment qui se croient tout permis. Il est vrai qu’après plus de deux années de génocide et une parodie de fin des violences à Ghaza, les donneurs de leçons sur les droits de l’homme n’évoquent plus les souffrances d’un peuple qui continue de subir une agression immonde. Les Palestiniens sont en effet les premières victimes de l’hypocrisie occidentale. Mais il est d’autres peuples qui ont fait les frais de leur politique cynique et leur lâcheté face au sionisme international, qu’ils servent d’ailleurs avec un zèle remarquable.
Le peuple syrien en est un. Principal alibi des occidentaux et de leurs alliés dans la région, les Syriens observent impuissants la précipitation de leur pays dans l’abîme d’une guerre sans fin. Sous des dehors de fin de conflit et d’un retour dans le giron de la communauté des nations, ce grand pays, berceau de la civilisation islamique et bien plus encore, car abritant la plus ancienne cité de l’humanité, s’enlise, dans une nouvelle phase gravissime qui l’a installé dans la spirale du chaos permanent. Très bientôt, il ne sera plus question de libérer quoi que ce soit. Et pour cause, l’on a basculé dans une logique de défiance de la morale et des droits des peuples.
L’épisode des Inuits du Groenland donne un aperçu de ce qui attend désormais les peuples faibles qui se feront broyer dans l’indifférence des nations. La dégradation de leur environnement, leur marginalisation politique, leur marginalisation économique, tout cela illustre une tendance mondiale où la puissance et le pouvoir dictent les règles, sans souci pour la justice ou la dignité humaine. La mondialisation, censée apporter prospérité et progrès, semble de plus en plus être un outil d’exploitation et d’oppression, plutôt qu’un vecteur d’émancipation pour tous.
Il reste une option pour la communauté internationale qui voit cette inquiétante mutation de l’ordre mondial. C’est celle de rééditer l’époque bénie des décolonisations. Cela peut paraître anachronique, voir stupide d’y penser, mais si rien n’est fait pour contrer la nouvelle immoralité des puissants, l’humanité va inexorablement vers sa perte. Il ne restera sur terre que des prédateurs et leurs proies, comme au temps funeste de la longue nuit coloniale. Il s’agit de cesser de fermer les yeux face à l’injustice. Il faut opposer au Conseil de la paix, imaginé par un personnage sombre et sans aucune éthique, une vision généreuse, prospère et solidaire d’une humanité qui aspire à plus de liberté et de responsabilité pour les peuples. En d’autres termes, il faut mettre le curseur ailleurs que dans une élite mondiale corrompue par l’argent, le racisme et la prédation. C’est utopique ? Il vaut mieux l’utopie que la résignation.
Par Nabil.G