EDITO

La politique du contre feu permanent

Personne depuis un an n’a pu arrêter le bulldozer Donald Trump. Tel un ouragan, le locataire de la Maison Blanche a tétanisé le monde. Lui résister, pour beaucoup, relevait du quasi impossible. Devant ses colères, réelles ou feintes, on préférait faire profil bas et on tentait à chaque fois de l’amadouer et même de flatter son égo surdimensionné.
Certains y ont fait d’ailleurs leur conviction cardinale dans leurs relations avec les Etats Unis d’Amérique. Il faut dire que ce qui s’est passé un certain 28 février 2025 dans le Bureau oval et le très mauvais quart d’heure qu’a eu à subir le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a donné à réfléchir à tous ceux qui entretenaient une relation avec la nouvelle administration américaine.
Quand on va à la Maison Blanche, on doit s’attendre à tout. Le président sud-africains, Cyril Ramaphosa, a eu lui aussi un aperçu de la méthode Trump, même s’il a su composer et s’en est sorti de manière bien meilleure que Zelensky, qui lui, a été franchement humilié.
Il est ainsi devenu clair que, sur le plan international, c’est bien le magnat de l’immobilier qui dicte le tempo et qui redessine les relations internationales avec toute la nouvelle géostratégie qui en découlera.
Mais comme tout géant, Trump a aussi ses pieds en argile. Et cela se joue sur le plan interne. Car c’est bien à l’intérieur des États Unis que se joue l’avenir du président américain, surtout que tous les regards sont aujourd’hui tournés vers les élections de mi-mandat.
Les récents événements à Minneapolis où deux citoyens ont été abattus par des agents fédéraux alors qu’ils ne représentaient aucune menace directe pour eux, repose la question des méthodes musclées utilisées par la police de l’immigration (ICE) qui a recours, de manière systématique, à des procédés brutaux qui interrogent sur le recul de l’État de droit et de la démocratie en Amérique. Trump, qui a vu le vent tourner, a observé un pas de côté et demandé qu’une partie de ces agents fédéraux quitte la ville.
Mais ce qui est à craindre maintenant, c’est de voir ce président, en perte de vitesse sur le plan intérieur face à une Amérique de plus en plus divisée, tenter d’allumer un contre feu sur le plan international. Et il n’est pas exclu qu’une autre guerre soit déclenchée cette fois au Moyen-Orient.
Et la cible est tout indiqué puisque une armada militaire américaine avec porte-avions et tout ce qui s’ensuit est en train de converger vers cette région du monde avec une attaque de plus en plus d’actualité contre l’Iran.

Par Abdelmadjid Blidi

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