
Mascara : découverte d’une défense d’éléphant remontant à l’âge paléolithique sur le site de l’Homme primitif de Tighenif
Une équipe de chercheurs du Centre national de recherche en préhistoire, anthropologie et histoire (CNRPAH) d’Alger a découvert une défense d’éléphant sur le site archéologique de l’Homme primitif de Tighenif, dans la commune de Tighenif (wilaya de Mascara).
Cette défense est attribuée à «l’éléphant de l’Atlas», une espèce aujourd’hui disparue et remonterait vraisemblablement a l’âge Paléolithique, a annoncé, lundi, le chercheur Mohamed Sahnouni, responsable de l’équipe des fouilles. Lors d’une conférence de presse organisée sur le site, M. Sahnouni a précisé que cette découverte a été réalisée dans le cadre de la onzième campagne de fouilles actuellement en cours.
Il a souligné que cette défense constitue l’une des découvertes les plus importantes enregistrées au cours de cette campagne. Selon le chercheur, la défense est remarquablement bien conservée. Elle mesure environ 2,35 mètres de longueur et est pratiquement intacte sur le plan structurel. Cette caractéristique rare en fait l’un des spécimens les plus complets d’éléphant de l’Atlas jamais découverts en Afrique du Nord.
Les premières analyses menées par l’équipe de recherche indiquent que la défense appartenait à un individu adulte de cette espèce disparue, considérée comme l’un des plus grands herbivores ayant vécu dans les environnements africains durant le Pléistocène inférieur et moyen, correspondant à l’âge de pierre ancien.
L’échantillon a été extrait d’une couche sédimentaire contenant des restes osseux datés d’environ un million d’années. A proximité, ont également été mis au jour plusieurs fossiles, notamment des restes de grands bovinés, d’équidés, de rhinocéros et d’autres mammifères, ainsi que des outils lithiques de tradition acheuléenne fabriqués par l’homme préhistorique. La défense sera transférée aux laboratoires de conservation et de restauration du CNRPAH à Alger, où elle fera l’objet de traitements spécialisés, de mesures de préservation et d’études scientifiques approfondies. Les futures analyses devraient permettre d’obtenir de nouvelles informations sur l’histoire de vie de cet éléphant disparu, son régime alimentaire ainsi que les conditions environnementales et climatiques dans lesquelles il évoluait. Les fouilles se poursuivront jusqu’au 23 juin, avec la participation de chercheurs du Centre et d’étudiants en archéologie issus de plusieurs universités algériennes, sous la direction de Mohamed Sahnouni. Le site de l’Homme primitif de Tighennif occupe une place majeure dans la chronologie des civilisations préhistoriques. Couvrant une superficie supérieure à un hectare, il est classé au patrimoine culturel national. Il est considéré comme l’un des plus importants sites archéologiques d’Afrique du Nord. Les recherches antérieures y ont permis la découverte de restes parmi les plus anciens représentants de l’Humanité dans la région, ainsi que de fossiles de grands mammifères et d’outils acheuléens datant d’environ 1 à 1,2 million d’années.



