
Algérie-Allemagne : un nouveau cap pour le partenariat énergétique
Cette rencontre a été consacrée à l’examen des moyens de renforcer la coopération bilatérale et de développer le partenariat entre l’Algérie et l’Allemagne dans plusieurs domaines d’intérêt commun, notamment dans le secteur énergétique.
Les entretiens entre les deux responsables ont notamment porté sur les perspectives de consolidation du partenariat stratégique entre l’Algérie et l’Allemagne dans le domaine des hydrocarbures, dans l’objectif de servir les intérêts communs des deux pays. Selon un communiqué du ministère des Hydrocarbures, les deux parties ont examiné « les moyens de renforcer et de développer le partenariat stratégique entre l’Algérie et l’Allemagne dans le domaine des hydrocarbures au mieux des intérêts communs des deux pays ». Cette volonté de renforcer la coopération intervient dans un contexte marqué par une dynamique positive des relations bilatérales, qui ont connu un nouvel élan à la faveur de la visite officielle effectuée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, à Berlin les 16 et 17 juillet 2026. Les discussions ont porté sur plusieurs axes de coopération dans le secteur énergétique et industriel, avec notamment un intérêt particulier pour l’industrie pétrolière et gazière, l’ingénierie et les infrastructures, ainsi que l’industrie des équipements. Les deux parties ont également évoqué les équipements destinés notamment aux projets liés au dessalement de l’eau de mer, un domaine qui constitue un enjeu important pour l’Algérie et qui offre des opportunités de coopération avec les entreprises allemandes disposant d’une expertise technologique et industrielle dans ce secteur.
La commercialisation du gaz naturel et du gaz naturel liquéfié (GNL) a également figuré parmi les sujets abordés au cours de cette rencontre, de même que l’intégration de technologies bas carbone dans l’industrie pétrolière et gazière. Cette orientation traduit la volonté des deux pays de faire évoluer leur partenariat énergétique en tenant compte des transformations que connaît actuellement le secteur de l’énergie, notamment en matière de réduction des émissions et d’intégration progressive de solutions technologiques permettant de limiter l’empreinte carbone des activités industrielles.
Les discussions ont également porté sur les projets développés par Sonatrach, en coopération avec le ministère de l’Energie et des Énergies renouvelables, dans le domaine des énergies nouvelles. Il s’agit notamment du développement, de la production et de la commercialisation de l’hydrogène vert et de l’ammoniac vert, ainsi que de la fabrication des équipements nécessaires à ces activités, à l’instar des électrolyseurs. Ces projets constituent un important potentiel de coopération entre les deux pays, alors que l’Algérie entend développer progressivement une filière nationale dans le domaine de l’hydrogène vert et valoriser ses importantes potentialités énergétiques et industrielles. La coopération algéro-allemande pourrait ainsi s’étendre à différents maillons de cette nouvelle chaîne de valeur, allant de la production d’hydrogène vert à la fabrication des équipements nécessaires, en passant par les infrastructures, les technologies et la commercialisation. La coopération dans les domaines de la formation, de l’assistance technique, du transfert d’expertises et du renforcement des capacités a également été évoquée lors des entretiens.
Les deux parties ont, par ailleurs, abordé la coopération dans le domaine de la réduction, de la gestion et de la récupération des émissions de méthane, ainsi que le développement de projets conjoints dans le domaine des technologies industrielles liées à l’industrie des hydrocarbures. La promotion du contenu local a également été au cœur des échanges, dans l’objectif de favoriser une plus grande intégration industrielle et de renforcer les capacités nationales dans les différents segments liés au secteur énergétique. Ces différents axes de coopération devraient permettre de favoriser davantage les échanges d’expertise entre les entreprises et institutions des deux pays, tout en contribuant au développement de compétences spécialisées et à l’introduction de nouvelles technologies dans l’industrie algérienne des hydrocarbures.
À cette occasion, M. Arkab a souligné l’importance du partenariat avec la partie allemande dans la concrétisation des projets prioritaires du secteur des hydrocarbures. Le ministre d’État a notamment mis en avant le développement de la filière pétrochimique en Algérie, en insistant sur l’intérêt de tirer profit de l’expertise et du savoir-faire allemands dans ce domaine. Le responsable algérien a également réaffirmé la disponibilité de son secteur à apporter toutes les facilités et l’accompagnement nécessaires aux entreprises allemandes souhaitant investir en Algérie. Dans ce cadre, il a notamment encouragé leur participation au cycle d’appels d’offres « Algeria Bid Round 2026 », une démarche qui pourrait permettre à l’Algérie de bénéficier des technologies modernes ainsi que des solutions industrielles avancées développées par les entreprises allemandes.
L’Allemagne salue le rôle de l’Algérie comme partenaire énergétique
La participation d’entreprises allemandes à ces projets devrait également contribuer à renforcer les échanges technologiques et industriels entre les deux pays, tout en ouvrant de nouvelles perspectives d’investissement dans le secteur énergétique algérien.
De son côté, le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a salué « la place centrale de l’Algérie en tant que partenaire énergétique fiable ». Le responsable allemand a également fait part de l’intérêt des entreprises de son pays pour le renforcement de leur présence sur le marché algérien et leur participation aux projets stratégiques engagés par l’Algérie.
Parmi les projets cités figure notamment le SoutH2 Corridor, un projet destiné au transport de l’hydrogène et qui s’inscrit dans les perspectives de développement des infrastructures énergétiques reliant l’Afrique du Nord à l’Europe. L’intérêt affiché par les entreprises allemandes pour ces projets traduit, selon le communiqué, leur volonté d’accroître leur implication dans le marché algérien et de participer aux grands projets énergétiques et industriels développés dans le pays.
Au terme de leurs discussions, les deux parties se sont félicitées du niveau atteint par le dialogue et la coordination entre l’Algérie et l’Allemagne. Elles ont réaffirmé leur engagement à poursuivre les consultations et à consolider davantage le partenariat économique bilatéral, notamment à travers l’intensification des échanges d’expertises et le transfert de technologies. Le développement de la formation spécialisée et le soutien aux projets conjoints figurent également parmi les axes retenus pour approfondir cette coopération.
L’objectif affiché est de favoriser la réalisation de projets permettant à la fois de réduire l’empreinte carbone des activités industrielles et énergétiques et de promouvoir un développement industriel et énergétique durable. Cette coopération devrait ainsi s’appuyer sur une approche plus large, combinant les secteurs traditionnels des hydrocarbures avec les nouvelles filières énergétiques, les technologies bas carbone, l’hydrogène vert et les solutions industrielles innovantes.
La rencontre s’est déroulée en présence de l’ambassadeur d’Allemagne en Algérie, Georg Felsheim, ainsi que de l’ambassadeur d’Algérie auprès de la République fédérale d’Allemagne, Larbi Latroch. Ont également pris part aux discussions le président de l’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (ALNAFT), Abdelkader Cherfaoui, et le président de l’Autorité de régulation des hydrocarbures (ARH), Amine Remini. Des représentants et responsables de plusieurs entreprises allemandes ont également participé à cette rencontre, notamment Bosch Energy, ThyssenKrupp Uhde, VNG, Siemens Energy et VDA. Des cadres du ministère des Hydrocarbures et du groupe Sonatrach étaient également présents.
Mohand S


