Oran Aujourd'hui
Marchés de proximité : le défi du rétablissement durable au commerce organisé
Marchés de proximité : le défi du rétablissement durable au commerce organisé
Les marchés de proximité reviennent une nouvelle fois au cœur de l’actualité locale. Les instructions données récemment par le wali d’Oran pour recenser les agriculteurs désireux de vendre directement leurs récoltes aux consommateurs traduisent une volonté de renforcer les circuits courts de commercialisation et de réduire les multiples intermédiaires qui contribuent à la flambée des prix. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à mieux réguler le marché agricole, à préserver le pouvoir d’achat des ménages et à redonner au commerce organisé la place qu’il n’aurait jamais dû perdre.
Sur le principe, la démarche mérite d’être saluée. En rapprochant le producteur du consommateur, elle favorise une meilleure rémunération des agriculteurs tout en offrant aux citoyens des produits plus frais à des prix plus accessibles. Elle participe également aux efforts entrepris depuis plusieurs mois pour rétablir l’ordre urbain et réorganiser une activité commerciale devenue, dans bien des quartiers, largement dominée par l’informel.
Car le constat est connu. Malgré les nombreuses opérations de réaménagement des marchés communaux et les campagnes périodiques de lutte contre le commerce illicite, les étals anarchiques continuent d’occuper trottoirs, places publiques et accotements de routes. Dans plusieurs quartiers d’Oran, les piétons sont contraints de circuler sur la chaussée, tandis que les automobilistes voient les voies de circulation rétrécies par des installations improvisées. La lutte contre l’informel ne peut être efficace sans une offre commerciale organisée, attractive et suffisamment répartie sur l’ensemble du territoire communal. Beaucoup de marchés couverts souffrent encore d’un déficit d’entretien, d’une très faible fréquentation ou d’une occupation incomplète. Certains équipements réalisés à grands frais restent sous-exploités faute d’animation commerciale, d’accessibilité ou d’une gestion moderne.
Les marchés de proximité peuvent précisément contribuer à combler ces insuffisances, à condition qu’ils ne deviennent pas une simple opération saisonnière. Leur réussite dépendra d’une organisation rigoureuse, d’une sélection transparente des producteurs, d’un contrôle permanent de l’origine des marchandises et d’un suivi quotidien des prix.
Sans cette vigilance, le risque existe de voir réapparaître des intermédiaires qui détourneraient le dispositif de sa vocation initiale. L’enjeu dépasse d’ailleurs la seule commercialisation des fruits et légumes. Il concerne la crédibilité des politiques publiques de gestion urbaine. Une ville bien administrée ne se mesure pas uniquement au nombre de marchés construits, mais à leur fonctionnement effectif, à leur capacité à attirer commerçants et consommateurs et à leur contribution à l’amélioration du cadre de vie. L’organisation du commerce de proximité participe pleinement à la qualité de l’espace public, au respect des règles d’hygiène, à la fluidité de la circulation et à l’image de la ville.
Les initiatives engagées aujourd’hui ouvrent donc une perspective encourageante. Mais elles ne porteront leurs fruits que si elles s’accompagnent d’une véritable politique de modernisation de l’ensemble des marchés communaux, d’une gouvernance plus performante des équipements commerciaux et d’une lutte continue contre les réseaux informels.
Réhabiliter le commerce organisé ne consiste pas seulement à déplacer des vendeurs d’un trottoir vers un marché ; c’est reconstruire durablement un équilibre entre développement économique, justice sociale et ordre urbain. C’est à ce prix que les marchés de proximité pourront devenir un véritable instrument de régulation, plutôt qu’une réponse ponctuelle à une crise récurrente.
Sur le principe, la démarche mérite d’être saluée. En rapprochant le producteur du consommateur, elle favorise une meilleure rémunération des agriculteurs tout en offrant aux citoyens des produits plus frais à des prix plus accessibles. Elle participe également aux efforts entrepris depuis plusieurs mois pour rétablir l’ordre urbain et réorganiser une activité commerciale devenue, dans bien des quartiers, largement dominée par l’informel.
Car le constat est connu. Malgré les nombreuses opérations de réaménagement des marchés communaux et les campagnes périodiques de lutte contre le commerce illicite, les étals anarchiques continuent d’occuper trottoirs, places publiques et accotements de routes. Dans plusieurs quartiers d’Oran, les piétons sont contraints de circuler sur la chaussée, tandis que les automobilistes voient les voies de circulation rétrécies par des installations improvisées. La lutte contre l’informel ne peut être efficace sans une offre commerciale organisée, attractive et suffisamment répartie sur l’ensemble du territoire communal. Beaucoup de marchés couverts souffrent encore d’un déficit d’entretien, d’une très faible fréquentation ou d’une occupation incomplète. Certains équipements réalisés à grands frais restent sous-exploités faute d’animation commerciale, d’accessibilité ou d’une gestion moderne.
Les marchés de proximité peuvent précisément contribuer à combler ces insuffisances, à condition qu’ils ne deviennent pas une simple opération saisonnière. Leur réussite dépendra d’une organisation rigoureuse, d’une sélection transparente des producteurs, d’un contrôle permanent de l’origine des marchandises et d’un suivi quotidien des prix.
Sans cette vigilance, le risque existe de voir réapparaître des intermédiaires qui détourneraient le dispositif de sa vocation initiale. L’enjeu dépasse d’ailleurs la seule commercialisation des fruits et légumes. Il concerne la crédibilité des politiques publiques de gestion urbaine. Une ville bien administrée ne se mesure pas uniquement au nombre de marchés construits, mais à leur fonctionnement effectif, à leur capacité à attirer commerçants et consommateurs et à leur contribution à l’amélioration du cadre de vie. L’organisation du commerce de proximité participe pleinement à la qualité de l’espace public, au respect des règles d’hygiène, à la fluidité de la circulation et à l’image de la ville.
Les initiatives engagées aujourd’hui ouvrent donc une perspective encourageante. Mais elles ne porteront leurs fruits que si elles s’accompagnent d’une véritable politique de modernisation de l’ensemble des marchés communaux, d’une gouvernance plus performante des équipements commerciaux et d’une lutte continue contre les réseaux informels.
Réhabiliter le commerce organisé ne consiste pas seulement à déplacer des vendeurs d’un trottoir vers un marché ; c’est reconstruire durablement un équilibre entre développement économique, justice sociale et ordre urbain. C’est à ce prix que les marchés de proximité pourront devenir un véritable instrument de régulation, plutôt qu’une réponse ponctuelle à une crise récurrente.
— Par S.Benali