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Élections et enjeux

Élections et enjeux

Après les législatives du 2 juillet, les Algériens sont de nouveau convoqués le 28 novembre pour désigner leurs élus communaux et de wilaya. Les calendriers électoraux ont le mérite de renouveler rapidement un personnel politique, comptable devant son électorat. Mais plus encore que la sanction, positive ou négative, le prochain scrutin vient rappeler que la vie démocratique ne s’arrête pas aux portes de l’hémicycle. Et mieux encore prend ses racines dans les milieux populaires des votants.
Cette consultation électorale est la preuve, s’il en est, que par la commune la politique colle à la réalité du vécu quotidien et donc cesse d’être abstraite. L’éclairage public, le ramassage des ordures, la route d’un village enclavé, l’école que l’on rénove ou que l’on oublie. Tout cela dépend d’assemblées que le citoyen peut croiser au marché. Les renouveler à intervalle régulier n’a rien d’une formalité administrative. C’est une condition de la stabilité du pays, car des institutions qui ne rendent jamais de comptes finissent par perdre la confiance de ceux qu’elles administrent.
Les chiffres de l’ANIE traduisent un goût certain pour la compétition. Et pour cause, plus de 5 600 listes pour les communes, 434 pour les wilayas, soit plus de 160 000 candidats briguent des sièges dans les 1540 assemblées populaires communales du pays. Ce sont autant de voisins, d’enseignants, de commerçants ou de retraités qui acceptent de s’exposer au jugement de leurs pairs. Cette mobilisation dit l’attachement à l’échelon local, même si elle ne préjuge en rien de l’affluence le jour du vote.
Dans cette future bataille démocratique, les partis dominent presque entièrement l’offre politique. Plus de 95 % des listes communales portent une étiquette partisane. Les indépendants se partagent quelques pour cent, et les alliances sont quasi inexistantes. Faut-il s’en réjouir ou s’en inquiéter ? D’un côté, l’ancrage partisan structure le débat et propose des programmes identifiables. De l’autre, il réduit la place des citoyens sans étiquette, qui connaissent pourtant souvent mieux que quiconque les attentes de leur quartier.
Reste l’enjeu politique. Des partis contrôlent la majorité des assemblées élues, scrutin après scrutin. Mais les rapports de force ne sont pas gravés dans le marbre. En 2022, plusieurs communes ont changé de camp, preuve que l’électeur local juge aussi sur pièces, au regard du concret. C’est la meilleure nouvelle que puisse offrir ce type de rendez-vous, à savoir que le résultat n’y est jamais tout à fait écrit d’avance. Le 28 novembre, la question ne sera donc pas seulement de savoir qui l’emporte. Elle sera de savoir combien d’Algériens jugent utile de choisir ceux qui décideront de leur quotidien. C’est là que se mesurera la santé du jeu démocratique.
— Par Nabil.G

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