Oran Aujourd'hui
Revision du PDAU du Grand Oran : un cap décisif pour l’aménagement à l’horizon 2045
Revision du PDAU du Grand Oran : un cap décisif pour l’aménagement à l’horizon 2045
Le retour sur la table de la révision du Plan directeur d’aménagement et d’urbanisme (PDAU) du Grand Oran constitue sans conteste l’un des dossiers les plus stratégiques examinés ces derniers temps par les responsables locaux. Au-delà de son caractère technique, ce document engage la manière dont vivront les générations oranaises futures dans une agglomération appelée à dépasser les trois millions d’habitants à l’horizon 2045.
Il ne s’agit donc plus seulement de construire davantage, mais de construire mieux, d’organiser les espaces, de répartir les fonctions urbaines et de préparer une métropole capable de répondre aux défis démographiques, économiques et environnementaux de demain. Le projet présenté en début de semaine devant l’Assemblée populaire de wilaya dessine une vision ambitieuse. Il concerne les communes d’Oran, Es-Sénia, Bir El Djir, Sidi Chahmi et El Kerma et prévoit une nouvelle organisation des activités économiques, logistiques et résidentielles, accompagnée d’investissements structurants dans les transports, les infrastructures routières, l’habitat, l’environnement et le tourisme.
Une démarche qui traduit la volonté des autorités de mieux maîtriser une urbanisation devenue, au fil des décennies, de plus en plus complexe. Cette réflexion intervient d’ailleurs dans un contexte marqué par une mobilisation appréciable des pouvoirs publics pour restaurer l’ordre urbain. Démolition des constructions illicites, récupération du foncier public, réorganisation des espaces commerciaux, amélioration de la propreté urbaine, réhabilitation progressive des voiries, lutte contre l’occupation anarchique des trottoirs ou encore remise en ordre du littoral : autant d’actions qui témoignent d’une volonté de reprendre progressivement la maîtrise de la gestion du territoire. Mais un plan directeur ne peut produire ses effets que s’il s’inscrit dans une continuité administrative et politique.
Or c’est précisément ce qui a fait défaut durant les anciennes décennies. Après plusieurs tentatives de réajustement, la révision globale du PDAU, officiellement engagée au début des années 2010, s’est retrouvée prisonnière des changements de priorités, des cahiers des charges abandonnés et des lenteurs bureaucratiques. Pendant que les études s’accumulaient dans les bureaux, la ville, elle, poursuivait son extension, souvent plus rapidement que les instruments chargés de l’encadrer. Les conséquences sont aujourd’hui visibles. Les déséquilibres entre l’est et l’ouest de l’agglomération persistent, les axes routiers demeurent saturés aux heures de pointe, plusieurs zones d’habitat continuent de manquer d’équipements de proximité, tandis que de nombreux projets structurants restent à différents stades d’attente.
Les extensions du tramway, la requalification de certaines franges urbaines, les restructurations des quartiers des Planteurs et de Ras El Aïn ou encore plusieurs opérations d’aménagement du littoral illustrent cette succession d’annonces dont la concrétisation demeure souvent plus lente que les attentes des citoyens. Une autre interrogation mérite également d’être posée. Pourquoi un document appelé à façonner le Grand Oran des vingt prochaines années n’a-t-il fait l’objet que d’un débat relativement limité ? Une telle réflexion aurait gagné à être largement partagée avec les urbanistes, architectes, universitaires, économistes, associations et représentants de la société civile. Une métropole ne se construit pas uniquement dans les bureaux d’études ou les assemblées locales; elle se nourrit également des regards croisés de ceux qui la vivent au quotidien. L’adoption annoncée de cette révision du PDAU ne devra donc pas constituer une fin en soi.
Le véritable défi commencera après son approbation. Il faudra garantir la stabilité des orientations retenues, assurer la continuité des programmes, respecter les calendriers annoncés et surtout éviter que ce document stratégique ne rejoigne la longue liste des plans demeurés sans véritable traduction sur le terrain. Oran dispose aujourd’hui de nombreux atouts pour réussir sa mutation métropolitaine. Encore faut-il que la vision s’accompagne de constance, que les études débouchent sur des réalisations et que le temps administratif cesse d’être plus lent que le rythme auquel la ville continue de grandir. Car, en matière d’urbanisme, chaque année perdue se paie pendant plusieurs décennies.
Il ne s’agit donc plus seulement de construire davantage, mais de construire mieux, d’organiser les espaces, de répartir les fonctions urbaines et de préparer une métropole capable de répondre aux défis démographiques, économiques et environnementaux de demain. Le projet présenté en début de semaine devant l’Assemblée populaire de wilaya dessine une vision ambitieuse. Il concerne les communes d’Oran, Es-Sénia, Bir El Djir, Sidi Chahmi et El Kerma et prévoit une nouvelle organisation des activités économiques, logistiques et résidentielles, accompagnée d’investissements structurants dans les transports, les infrastructures routières, l’habitat, l’environnement et le tourisme.
Une démarche qui traduit la volonté des autorités de mieux maîtriser une urbanisation devenue, au fil des décennies, de plus en plus complexe. Cette réflexion intervient d’ailleurs dans un contexte marqué par une mobilisation appréciable des pouvoirs publics pour restaurer l’ordre urbain. Démolition des constructions illicites, récupération du foncier public, réorganisation des espaces commerciaux, amélioration de la propreté urbaine, réhabilitation progressive des voiries, lutte contre l’occupation anarchique des trottoirs ou encore remise en ordre du littoral : autant d’actions qui témoignent d’une volonté de reprendre progressivement la maîtrise de la gestion du territoire. Mais un plan directeur ne peut produire ses effets que s’il s’inscrit dans une continuité administrative et politique.
Or c’est précisément ce qui a fait défaut durant les anciennes décennies. Après plusieurs tentatives de réajustement, la révision globale du PDAU, officiellement engagée au début des années 2010, s’est retrouvée prisonnière des changements de priorités, des cahiers des charges abandonnés et des lenteurs bureaucratiques. Pendant que les études s’accumulaient dans les bureaux, la ville, elle, poursuivait son extension, souvent plus rapidement que les instruments chargés de l’encadrer. Les conséquences sont aujourd’hui visibles. Les déséquilibres entre l’est et l’ouest de l’agglomération persistent, les axes routiers demeurent saturés aux heures de pointe, plusieurs zones d’habitat continuent de manquer d’équipements de proximité, tandis que de nombreux projets structurants restent à différents stades d’attente.
Les extensions du tramway, la requalification de certaines franges urbaines, les restructurations des quartiers des Planteurs et de Ras El Aïn ou encore plusieurs opérations d’aménagement du littoral illustrent cette succession d’annonces dont la concrétisation demeure souvent plus lente que les attentes des citoyens. Une autre interrogation mérite également d’être posée. Pourquoi un document appelé à façonner le Grand Oran des vingt prochaines années n’a-t-il fait l’objet que d’un débat relativement limité ? Une telle réflexion aurait gagné à être largement partagée avec les urbanistes, architectes, universitaires, économistes, associations et représentants de la société civile. Une métropole ne se construit pas uniquement dans les bureaux d’études ou les assemblées locales; elle se nourrit également des regards croisés de ceux qui la vivent au quotidien. L’adoption annoncée de cette révision du PDAU ne devra donc pas constituer une fin en soi.
Le véritable défi commencera après son approbation. Il faudra garantir la stabilité des orientations retenues, assurer la continuité des programmes, respecter les calendriers annoncés et surtout éviter que ce document stratégique ne rejoigne la longue liste des plans demeurés sans véritable traduction sur le terrain. Oran dispose aujourd’hui de nombreux atouts pour réussir sa mutation métropolitaine. Encore faut-il que la vision s’accompagne de constance, que les études débouchent sur des réalisations et que le temps administratif cesse d’être plus lent que le rythme auquel la ville continue de grandir. Car, en matière d’urbanisme, chaque année perdue se paie pendant plusieurs décennies.
— Par S.Benali