Oran

A une semaine de l’événement : Oran se drape des couleurs de Yennayer

À l’approche de Yennayer 2976, le Nouvel An amazigh, les marchés populaires de la wilaya d’Oran connaissent une effervescence particulière. Des étals richement garnis, des couleurs vives et des senteurs de produits traditionnels témoignent de l’attachement profond des citoyens à cette fête ancestrale, désormais célébrée officiellement à travers tout le pays.

À Mdina Djedida, l’un des pôles commerciaux les plus animés de la capitale de l’Ouest, commerçants et clients s’accordent à dire que l’ambiance de Yennayer s’installe bien avant la date du 12 janvier. Dans les allées du marché, les signes de la fête sont omniprésents.
Fruits secs, noix, amandes, figues séchées, dattes de différentes variétés, pois chiches, blé dur et semoule occupent une place centrale sur les étals. Ces produits, indissociables des traditions culinaires de Yennayer, connaissent une forte demande à mesure que la date approche.
Les familles s’y approvisionnent pour préparer les plats rituels, à l’image du couscous au poulet ou aux légumes secs, symbole d’abondance et de prospérité pour l’année à venir. Les commerçants de Mdina Djedida confirment une hausse notable de l’activité. Certains adaptent même leur offre en proposant des paniers spécialement composés pour Yennayer, regroupant l’ensemble des ingrédients traditionnellement utilisés lors de cette célébration. «Chaque année, nous constatons le même engouement.
Yennayer est devenu un rendez-vous incontournable, autant sur le plan culturel qu’économique », confie un vendeur de fruits secs, soulignant que cette période représente l’un des temps forts du calendrier commercial local. Au-delà de l’aspect marchand, l’ambiance qui règne dans les marchés reflète une dimension identitaire profonde.
Yennayer, fête millénaire marquant le début de l’année agricole dans le calendrier amazigh, est historiquement associée à l’espoir d’une récolte généreuse et à la cohésion sociale. Les rituels qui l’accompagnent, transmis de génération en génération, rappellent l’importance de la terre, du partage et de la solidarité au sein de la famille et du voisinage. Depuis son officialisation comme fête nationale chômée et payée, Yennayer a gagné en visibilité dans l’espace public. À Oran, cette reconnaissance institutionnelle s’est traduite par une présence accrue de symboles amazighs dans les marchés, mais aussi par l’organisation d’animations culturelles, d’expositions artisanales et de manifestations artistiques dans plusieurs communes de la wilaya. Les marchés, véritables baromètres de la vie sociale, demeurent le premier lieu où s’exprime concrètement cet attachement populaire.
Les clients interrogés évoquent, pour leur part, un mélange de tradition et de modernité. Si les habitudes culinaires demeurent largement respectées, certaines familles y ajoutent désormais de nouvelles pratiques, sans pour autant rompre avec l’esprit originel de la fête. «L’essentiel est de se retrouver en famille et de perpétuer les traditions», explique une mère de famille venue faire ses achats à la Nouvelle Ville, soulignant l’importance de transmettre ces valeurs aux plus jeunes.
À travers cette effervescence commerciale et sociale, les marchés d’Oran confirment leur rôle central dans la préservation des traditions populaires. À la veille de Yennayer, ils ne sont pas seulement des lieux d’échange économique, mais aussi des espaces de mémoire collective, où se perpétuent des pratiques culturelles profondément enracinées. Une manière, pour les Oranais, de célébrer le Nouvel An amazigh en restant fidèles à un héritage pluriséculaire, tout en l’inscrivant dans le présent.

Yacine Redjami

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