
Après une première semaine de campagne plutôt calme : les candidats appelés à passer à la vitesse supérieure
Les observateurs s’interrogent sur ce que feront les états majors de partis et les listes indépendantes concernant la suite de cette campagne dont il reste les deux tiers du temps. La semaine prochaine sera-t-elle celle du détail dans certains dossiers pressants, à l’image des questions sociales, le développement économique ou encore la lutte contre les fléaux sociaux ?
La campagne électorale pour les élections législatives du 2 juillet prochain entame aujourd’hui sa deuxième semaine, après une première mi-figue mi-raisin, qui n’aura pas suffisamment brillé pour attirer l’attention de l’opinion publique. Très occupés par les préparatifs, puis le début de la coupe du monde, les Algériens n’avaient pas tellement l’oreille à s’intéresser au discours des candidats. Mais qu’à cela ne tienne, les partis et les listes indépendantes ont bel et bien investi le terrain et tenté des incursions dans le quotidien des citoyens, avec la ferme intention de provoquer des débat et, le cas échéant, convaincre leurs interlocuteurs du bien fondé du programme qu’ils défendent. Il va de soi que durant cette première semaine, la popularité des candidats a joué pour beaucoup dans la réussite de certaines sorties électorales.
Les personnalités locales connues n’ont pas eu beaucoup de mal à rassembler autour d’elles les citoyens qui, chacun a posé ses préoccupations. Il reste que fondamentalement, les élections législatives n’ont pas vocation à se pencher sur les questions locales, mais cela n’a pas empêché les candidats d “ écouter les problèmes posés par les citoyens. Il serait en effet difficile de couper la parole à un citoyen pour qu’il s’entende dire que ses problèmes ne relèvent pas des prérogatives du candidat qui requiert sa voix. Pareilles scènes se sont répétées des centaines de fois aux quatre coins du pays. Mais l’essentiel demeure de convaincre les Algériens de ne pas se détourner de l’urne et d’exprimer sa voix.
C’est la seule façon de protéger les institutions de la République et répondre à l’unisson à ceux, de l’étranger, qui décrivent une Algérie désunie et vivant une rupture de relations entre le sommet et la base. Cette tâche a été dévolue aux chefs des partis qui ont présenté des listes. Quelque soit leurs obédiences idéologiques, les premiers responsables des principaux partis politiques du pays ont plaidé en faveur d’une participation massive des électeurs à l’acte électoral.
Il est difficile de tirer un bilan de cette première semaine de campagne électorale, mais l’on peut d’ores et déjà constaté l’absence du moindre problème sur toute l’étendue du pays. Les acteurs politiques ont été au devant des citoyens, animé des meetings dans des salles mises à leur dispositions et investi largement le cyberespace, dans un climat serein dénué de tout extrémisme d’où qu’il vienne. Il y a là une réelle maturité de la société politique et de la population en générale quant à la nécessité de privilégier le débat, loin de toute autre attitude préjudiciable à l’image du pays. En cela, il faut dire que l’Algérie a pris une avance sur certains pays où les uns et les autres se jettent des anathèmes à la figure et en arrivent jusqu’aux mains. Aussi, s’il faut souligner un trait positif à cette première semaine, ce serait celui de l’unanimité faite autour du débat pacifique.
Les observateurs s’interrogent sur ce que feront les états majors de partis et les listes indépendantes concernant la suite de cette campagne dont il reste les deux tiers du temps. La semaine prochaine sera-t-elle celle du détail dans certains dossiers pressants, à l’image des questions sociales, le développement économique ou encore la lutte contre les fléaux sociaux ? Il y a lieu de relever que quelques formations politiques ont émis des propositions précises sur des dossiers qui interpellent les Algériens à l’image de celui du coût de la vie. Mais encore faut-il que ces partis-là puissent engranger la majorité des sièges à l’Assemblée nationale populaire pour appliquer leurs programmes. Rien n’est moins sûr, en ce sens que les mêmes observateurs s’attendent à une APN multicolore avec une présence conséquente, même si elle ne sera pas majoritaire, de députés indépendants. Gouverner n’est certainement pas chose aisée, et c’est pour cela que les alliances se créent.
Relevons cependant que l’on s’attend à une montée en puissance de la campagne pour sa deuxième semaine, mais cela interviendra dans une ambiance footballistique particulière grâce à la participation des Verts au Mondial. Cette donne n’est certainement pas négligée par les candidats qui l’ont, espérons-le, intégré dans leur stratégie de campagne.
Yahia Bourit



