Oran Aujourd'hui
Circulation routière : l’urgence d’une vision globale
Circulation routière : l’urgence d’une vision globale
Les difficultés de circulation à Oran ont été longtemps perçues comme des désagréments inévitables propres à une grande ville en pleine expansion. Aujourd’hui, elles constituent l’un des principaux indicateurs des limites d’un développement urbain qui a souvent avancé plus vite que la réflexion sur les infrastructures censées l’accompagner. Les autorités locales multiplient certes les initiatives pour restaurer l’ordre urbain, améliorer le cadre de vie et fluidifier les déplacements, mais la réalité quotidienne rappelle que le réseau routier continue de subir les conséquences de plusieurs décennies de croissance insuffisamment anticipée.
Le projet de révision du plan de circulation illustre parfaitement cette situation. Annoncé avec de grandes ambitions, présenté comme l’outil indispensable pour adapter Oran aux mutations démographiques, économiques et urbaines, il tarde toujours à être mis en œuvre pour produire les effets attendus. Entre les études successives, les contraintes techniques, les arbitrages administratifs et les retards accumulés, la ville continue de fonctionner avec un schéma de circulation qui ne correspond plus aux besoins d’une métropole qui approche les deux millions d’habitants avec sa plus proche périphérie.
Durant cette période, les points noirs se sont multipliés. Les embouteillages qui étaient autrefois limités à certaines heures de pointe sont devenus permanents sur plusieurs grands axes. Les accès vers Bir El Djir, Es-Sénia, Akid Lotfi, le centre-ville ou encore les quartiers connaissent quotidiennement des ralentissements qui pénalisent aussi bien les automobilistes que les transports publics, les services publics ou les activités économiques. Cette situation résulte moins d’un manque d’investissements que de l’absence, pendant de nombreuses années, d’une vision globale du développement du réseau routier. Trop souvent, des opérations ponctuelles ont été réalisées pour répondre à une urgence locale sans mesurer leurs répercussions sur l’ensemble des flux de circulation. Chaque nouvel aménagement apportait une amélioration apparente sur un secteur, tout en déplaçant le problème quelques centaines de mètres plus loin. L’exemple le plus parlant demeure sans doute celui de la trémie de la Pépinière. Sa mise en service a permis de supprimer un important point de blocage et de fluidifier une partie du trafic. Mais, dans le même temps, les ronds-points du Morchid et des Trois Cliniques se sont rapidement retrouvés saturés sous l’effet des nouveaux flux de véhicules. Le gain obtenu en un endroit a créé une nouvelle congestion ailleurs. Quelques mois seulement après cette réalisation, il est déjà question de lancer des études pour d’éventuelles nouvelles trémies afin de corriger les déséquilibres apparus. Une démonstration que les ouvrages d’art, aussi performants soient-ils, ne peuvent remplacer une véritable stratégie d’ensemble. Le phénomène s’observe également autour des nouveaux pôles commerciaux, des grands ensembles résidentiels, des établissements universitaires ou des équipements hospitaliers. Ces infrastructures génèrent naturellement d’importants déplacements, alors que les voies d’accès, les carrefours, les parkings et parfois même la signalisation n’ont pas toujours suivi le même rythme d’évolution. La croissance urbaine produit ainsi une pression permanente sur un réseau déjà fragilisé.
À cela s’ajoutent des difficultés bien connues des Oranais : stationnements anarchiques, occupation des trottoirs, livraisons effectuées aux heures de pointe, feux tricolores parfois défaillants, marquages au sol effacés, carrefours insuffisamment aménagés et manque de coordination entre certains chantiers ouverts simultanément. Autant de facteurs qui aggravent une circulation déjà saturée. Pour autant, il serait injuste d’ignorer les efforts entrepris ces derniers mois. Les opérations de réhabilitation de nombreuses voiries, l’amélioration progressive de l’éclairage public, la modernisation du transport urbain avec l’arrivée de nouveaux autobus, les campagnes de lutte contre le stationnement illicite ou encore les projets visant à renforcer les infrastructures témoignent d’une réelle volonté de remettre de l’ordre dans l’espace public. Mais l’expérience montre que les solutions ponctuelles ne suffisent plus. Oran a désormais besoin d’un véritable schéma directeur de mobilité intégrant les projections démographiques, les futures zones d’urbanisation, les pôles d’activités, les transports collectifs, les parkings relais, les mobilités douces et les grands projets routiers. Une ville qui continue de grandir ne peut plus improviser sa circulation au gré des urgences.
La circulation routière n’est finalement que le reflet de l’organisation d’une ville. Lorsqu’elle devient chaque jour plus difficile, c’est souvent le signe qu’il est temps de repenser non seulement les routes, mais aussi la manière de construire la ville elle-même. C’est à ce prix que les investissements consentis produiront enfin des effets durables et éviteront que chaque solution d’aujourd’hui ne devienne le problème de demain.
Le projet de révision du plan de circulation illustre parfaitement cette situation. Annoncé avec de grandes ambitions, présenté comme l’outil indispensable pour adapter Oran aux mutations démographiques, économiques et urbaines, il tarde toujours à être mis en œuvre pour produire les effets attendus. Entre les études successives, les contraintes techniques, les arbitrages administratifs et les retards accumulés, la ville continue de fonctionner avec un schéma de circulation qui ne correspond plus aux besoins d’une métropole qui approche les deux millions d’habitants avec sa plus proche périphérie.
Durant cette période, les points noirs se sont multipliés. Les embouteillages qui étaient autrefois limités à certaines heures de pointe sont devenus permanents sur plusieurs grands axes. Les accès vers Bir El Djir, Es-Sénia, Akid Lotfi, le centre-ville ou encore les quartiers connaissent quotidiennement des ralentissements qui pénalisent aussi bien les automobilistes que les transports publics, les services publics ou les activités économiques. Cette situation résulte moins d’un manque d’investissements que de l’absence, pendant de nombreuses années, d’une vision globale du développement du réseau routier. Trop souvent, des opérations ponctuelles ont été réalisées pour répondre à une urgence locale sans mesurer leurs répercussions sur l’ensemble des flux de circulation. Chaque nouvel aménagement apportait une amélioration apparente sur un secteur, tout en déplaçant le problème quelques centaines de mètres plus loin. L’exemple le plus parlant demeure sans doute celui de la trémie de la Pépinière. Sa mise en service a permis de supprimer un important point de blocage et de fluidifier une partie du trafic. Mais, dans le même temps, les ronds-points du Morchid et des Trois Cliniques se sont rapidement retrouvés saturés sous l’effet des nouveaux flux de véhicules. Le gain obtenu en un endroit a créé une nouvelle congestion ailleurs. Quelques mois seulement après cette réalisation, il est déjà question de lancer des études pour d’éventuelles nouvelles trémies afin de corriger les déséquilibres apparus. Une démonstration que les ouvrages d’art, aussi performants soient-ils, ne peuvent remplacer une véritable stratégie d’ensemble. Le phénomène s’observe également autour des nouveaux pôles commerciaux, des grands ensembles résidentiels, des établissements universitaires ou des équipements hospitaliers. Ces infrastructures génèrent naturellement d’importants déplacements, alors que les voies d’accès, les carrefours, les parkings et parfois même la signalisation n’ont pas toujours suivi le même rythme d’évolution. La croissance urbaine produit ainsi une pression permanente sur un réseau déjà fragilisé.
À cela s’ajoutent des difficultés bien connues des Oranais : stationnements anarchiques, occupation des trottoirs, livraisons effectuées aux heures de pointe, feux tricolores parfois défaillants, marquages au sol effacés, carrefours insuffisamment aménagés et manque de coordination entre certains chantiers ouverts simultanément. Autant de facteurs qui aggravent une circulation déjà saturée. Pour autant, il serait injuste d’ignorer les efforts entrepris ces derniers mois. Les opérations de réhabilitation de nombreuses voiries, l’amélioration progressive de l’éclairage public, la modernisation du transport urbain avec l’arrivée de nouveaux autobus, les campagnes de lutte contre le stationnement illicite ou encore les projets visant à renforcer les infrastructures témoignent d’une réelle volonté de remettre de l’ordre dans l’espace public. Mais l’expérience montre que les solutions ponctuelles ne suffisent plus. Oran a désormais besoin d’un véritable schéma directeur de mobilité intégrant les projections démographiques, les futures zones d’urbanisation, les pôles d’activités, les transports collectifs, les parkings relais, les mobilités douces et les grands projets routiers. Une ville qui continue de grandir ne peut plus improviser sa circulation au gré des urgences.
La circulation routière n’est finalement que le reflet de l’organisation d’une ville. Lorsqu’elle devient chaque jour plus difficile, c’est souvent le signe qu’il est temps de repenser non seulement les routes, mais aussi la manière de construire la ville elle-même. C’est à ce prix que les investissements consentis produiront enfin des effets durables et éviteront que chaque solution d’aujourd’hui ne devienne le problème de demain.
— Par S.Benali