Oran

Evocation : hommage à mon grand-père Mohamed Benguesmia Chadly

«La mort n’est pas l’obscurité, c’est une lampe qui s’éteint car le jour s’est levé », et pour toi, Papi, ce jour s’est levé le 2 février 2020. Aujourd’hui, six ans après ton départ, je prends la parole pour honorer l’homme qui a tracé, d’une main de fer et d’un cœur d’or, le chemin de nos vies.

 

Un homme que le monde saluait sous le nom de « Hamito », le Fidaï intrépide, le bâtisseur visionnaire d’Oran, mais que moi j’appelais simplement mon papi d’amour. J’ai eu la chance immense de grandir sous ton aile protectrice, d’être le témoin privilégié de ta noblesse d’âme. Tu m’as enseigné que la plus belle des richesses ne se trouve pas dans les poches, mais dans la droiture du cœur. A travers tes récits vibrants de la révolution, nés dans la ferveur du quartier de Mediouni , tu n’a pas seulement raconté l’histoire : tu nous as fait respirer la liberté.
Tu m’as transmis cet amour de l’Algérie, m’apprenant que l’honneur n’est pas un vain mot, mais une boussole qui doit rester immobile face aux tempêtes. Je me souviens de ta présence, cette force tranquille qui imposait le respect sans jamais élever la voix. Tu n’étais pas seulement un grand-père, tu étais un modèle de bienveillance universelle. Ton engagement pour les enfants atteints de cancer, ton dévouement pour l’âme culturelle d’El Bahia et ton combat acharné pour une Algérie nouvelle n’étaient que les reflets d’une générosité qui ne connaissait pas de frontières. Tu savais déceler l’étincelle de lumière dans l’ombre de chaque épreuve, offrant de l’espoir là où le monde ne voyait que des ruines. Papi, ton absence est un silence assourdissant qui résonne chaque jour, mais tes enseignements sont des voix qui tonnent en moi pour me guider.
Je revois encore ton regard quant tu évoquais la mort avec cette sagesse presque mystique, nous préparant à ce vide avec une sérénité qui nous dépassait. Tu disais que la mort est un apaisement, une rencontre. Aujourd’hui, je prie pour que ton repos soit aussi vaste et lumineux que l’amour que tu nous as légué. Aujourd’hui, j’aurais aimé te montrer le chemin parcouru, te consulter sur mes doutes, ou simplement m’asseoir à tes cotés pour sentir cette aura de paix qui t’entourait. J’aurais aimé t’entendre me murmurer, avec ce sourire malicieux qui n’appartenait qu’à toi, que je suis la meilleure petite-fille « du monde et des environs du monde ». Mais je sens ton ombre veiller sur moi.
Tu es là, dans ma rigueur, dans ma foi , et dans ce frisson de fierté qui parcourt l’échine chaque fois que je signe mon nom : Benguesmia. Tu as traversé 77 ans de tempêtes et de victoires, de bâtisses et de prières. Tu as servi ta partie avec une loyauté sacrée, et tu as aimé ta famille avec une ferveur absolue. Aujourd’hui, Meriem prend cet engagement solennel : ton nom ne s’éteindra jamais. Il bas dans le cœur de mon père, il brille dans les yeux de mes sœurs, et il guidera chacun de mes pas. Repose en paix, mon héros, mon lion. TU resteras pour l’éternité le plus beau du monde et des environs du monde.
Ta petite –fille Mimi, qui porte ton souvenir comme un trésor et ton nom comme une armure. Meriem Beguesmia Chadly.

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