EDITO

La guerre et la prédation

La détermination des Etats Unis d’Amérique à détruire le Venezuela a de tout temps était très forte. Tellement forte qu’ils en sont arrivés à reconduire l’épisode du Panama, en kidnappant le président Maduro. Il n’y a pas pire humiliation pour un peuple que de voir son président enlevé par une puissance étrangère. Le déni du droit international dont a fait preuve Washington n’est donc pas une première, mais démontre l’arrogance d’une civilisation occidentale qui n’a désormais aucun respect, ni pour les États, ni pour la communauté des nations et encore moins pour le genre humain.
A travers cet acte, l’administration Trump dit au monde que le suffrage universel grâce auquel Maduro est arrivé à la tête de son pays ne vaut rien. Et cela aussi n’est pas une première. Ces mêmes Etats Unis sous Obama ont fait tomber un président ukrainien en 2014, après une élection propre. C’est dire qu’ils soient démocrates ou républicains, les maîtres de la Maison Blanche n’ont pour ainsi dire jamais considéré la démocratie hors de leurs frontières comme un argument censé les empêcher d’user de la force ou de la subversion pour parvenir à leurs objectifs. Lesquels sont d’ordre éminemment impériaux. En un mot comme en mille, les USA ne s’embarrassent pas de détails civilisationnels, ni des droits des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ce sont de simples concepts qu’ils utilisent pour imposer leur loi au reste de l’humanité.
Parler des Etats-Unis en ces termes n’exclut pas du tout la responsabilité de l’Europe et de l’occident en général. Ce bloc civilisationnel revendique la création de la démocratie, mais l’interdit à quiconque voudrait en user pour son peuple. De même que les droits de l’homme, dont la géométrie variable, est consubstantielle à l’émergence de ce bloc occidental avec la révolution industrielle. Il n’y a jamais eu de démocratie, de droit de l’homme et encore moins d’autodétermination dans le lexique des occidentaux. Tous ces droits ont été arrachés de hautes luttes par des peuples qui ont tant souffert de la domination de cette civilisation prédatrice. Cet épisode vénézuélien est un parfait exemple du caractère prédateur. Qu’on se le dise que ce n’est pas le narcotrafic qui dérange Trump. Auquel cas, il devrait envoyer ses soldats ailleurs, comme au Maroc, premier producteur de kif au monde et allié objectif des narcotrafiquants de l’Amérique du sud. Mais ce n’est pas dans son agenda, car la prédation est liée à la géopolitique du moment. Celle-ci ne connaît ni droit de l’homme ni démocratie et encore moins de scrupules. Maduro et le peuple du Venezuela en font les frais. Ils ont le malheur de vivre dans la proximité d’un des tenants les plus puissants du bloc occidental.
Les Etats Unis et leurs alliés auront accompli un autre pas dans le façonnement du monde à leur image. Tant pis si les bombes continueront à exploser aux quatre coins de la planète. Le reste du monde doit absolument s’en soucier…

Par Nabil.G

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