La solidarité hivernale en pleine action : jeunes et citoyens totalement mobilisés
À l’instar du reste du pays, lorsque l’hiver s’installe dans la wilaya d’Oran, les températures chutent brutalement de plusieurs crans. La fragilité de certaines familles se fait particulièrement ressentir. Elle est, en fait, de visu perceptible.
Dans les quartiers populaires du centre ville du chef lieu de la ville ou encore dans plusieurs autres communes, comme Es-Senia, Bir El Djir, Misserghine, Boutlelis, Sidi Chahmi, Oued Tlélat, Arzew ou les zones périphériques de la wilaya comme Sidi Benyebka, Hassi Mefsoukh, Hassi Ameur, Boufatis, Gdyel, Hassi Bounif, Benfréha etc ; de nombreux ménages se retrouvent confrontés à la dure réalité du froid associé à des moyens financiers limités.
Pour ces familles, les besoins élémentaires, chauffage, vêtements chauds, alimentation, deviennent un véritable défi quotidien. Dans ce contexte, le mois sacré de Ramadhan approche, multipliant les nécessités et soulignant les valeurs de partage et de solidarité au sein de la communauté. Dans ces quartiers, les habitants témoignent de la difficulté de passer l’hiver. Les vents froids du littoral méditerranéen s’infiltrent dans les maisons mal isolées et les appartements vétustes. Les radiateurs sont souvent hors de portée financière, les couvertures insuffisantes et les vêtements adaptés rares. Les enfants et les personnes âgées sont les plus exposés aux maladies liées au froid, et les familles à faibles revenus peinent à faire face à ces dépenses imprévues. «?Chaque hiver, c’est un stress supplémentaire pour nous?», confie Amina, mère de trois enfants vivant dans un quartier populaire du centre ville.
Tous les moyens sont bons
Nombreuses sont ces associations sociales qui misent le tout pour tous, en dépit des moyens rudimentaires. Celles-ci comptent sur l’implication directe et infaillible des bienfaiteurs. «Nous essayons de nous protéger du froid avec ce que nous avons, mais cela reste insuffisant. La distribution de couvertures et de vêtements chauds par l’association est un véritable soulagement». Face à cette réalité, plusieurs associations locales se mobilisent pour transformer la solidarité en actions concrètes. Celles-ci jouent un rôle majeur dans l’accompagnement des familles vulnérables. Chaque hiver, elle organise une campagne ciblée pour fournir un soutien matériel et financier aux foyers les plus fragiles. La démarche est multiple : distribution de denrées alimentaires, de vêtements et de couvertures, fourniture de matériel de chauffage et, dans certains cas, versement d’aides financières directes pour alléger la pression économique. Cette initiative ne se limite pas à un geste ponctuel. Elle est le fruit d’un diagnostic précis mené sur le terrain, grâce à la coordination avec des comités de quartiers, des bénévoles et des personnalités locales. «?Nous identifions chaque famille bénéficiaire avec soin pour nous assurer que l’aide parvienne réellement à ceux qui en ont le plus besoin?», explique le responsable d’une association. Selon lui, le soutien social n’est plus une option : il est devenu une nécessité face aux difficultés économiques qui touchent une certaine partie de la population. L’hiver constitue un fardeau supplémentaire pour ces familles. Dans les zones où les habitations sont peu isolées, la nécessité de se procurer chauffage et vêtements chauds dépasse largement les moyens financiers des foyers. L’approche du Ramadhan accentue encore la responsabilité des associations et des citoyens, car ce mois symbolise le partage, l’entraide et le soutien aux plus démunis. «?C’est un moment où les valeurs de solidarité doivent se traduire en actes concrets pour soulager les plus vulnérables», ajoute le même responsable.
Le partage est équitable
Cette association, bien que récente, opère selon une méthodologie rigoureuse. Chaque famille bénéficiaire est recensée avec précision, et la distribution de l’aide est assurée grâce à l’implication des comités locaux et des bénévoles.
Les contributions ne se limitent pas aux dons financiers : elles incluent également des denrées alimentaires, des vêtements, des couvertures, mais surtout le temps et l’énergie des volontaires. «Chaque geste, même modeste, a un impact direct sur la vie d’une famille», insiste la même source.
Parmi les bénévoles, beaucoup sont de jeunes étudiants ou salariés qui consacrent leurs soirées et leurs week-ends à la collecte et à la distribution des aides, découvrant ainsi l’importance de l’engagement citoyen et de la solidarité dans la vie communautaire. Ces actions ont un impact tangible sur la cohésion sociale. Elles contribuent à renforcer le sentiment d’appartenance à une communauté et à inculquer aux jeunes des valeurs de responsabilité et de partage. «Le soutien aux familles vulnérables n’est pas seulement un acte ponctuel, c’est un investissement dans la stabilité sociale», a expliqué le même président de la même association.
«Il permet de réduire les inégalités, de lutter contre l’exclusion et de créer un sentiment d’équité et de fraternité au sein de la ville?», a-t-il ajouté. Les témoignages des familles bénéficiaires soulignent l’importance de ces initiatives. Pour Madame Leïla, habitante d’Es-Senia, la distribution de couvertures et de vêtements a permis à sa famille de passer l’hiver sans craindre pour la santé de ses enfants.
«Ces gestes nous apportent un soulagement immédiat, mais aussi un espoir durable», confie-t-elle.
La mobilisation est totale
Parallèlement, d’autres associations locales et initiatives citoyennes se mobilisent dans différentes communes d’Oran, comme Bir El Djir ou les zones périphériques, touchant un nombre croissant de familles grâce à l’implication de citoyens, d’entreprises et de bénévoles. Cette dynamique traduit une véritable culture de solidarité, où l’aide aux familles vulnérables devient un réflexe social et non un geste ponctuel. L’engagement des jeunes est particulièrement notable. Ils participent activement à toutes les étapes : collecte des dons, préparation des colis, distribution sur le terrain. Cette participation leur permet de s’approprier les valeurs de responsabilité et de partage, tout en renforçant le lien social entre citoyens et habitants des quartiers. «C’est ainsi que nous construisons une société plus solidaire et résiliente», a affirmé le même responsable. À l’approche du Ramadhan, cette mobilisation prend un sens particulier. Elle symbolise l’engagement concret de la société civile pour traduire les valeurs de compassion et de générosité en actions tangibles. Dans les rues d’Oran ville et d’autres quartiers, les équipes de bénévoles sillonnent les rues pour distribuer nourriture, couvertures et vêtements aux familles les plus démunies. Ces gestes, répétitifs et structurés, rappellent que la solidarité peut transformer la vulnérabilité en espoir et renforcer la cohésion sociale. Le président de l’association lance un appel à tous ceux qui peuvent contribuer: citoyens, entrepreneurs, commerçants, toutes les personnes en capacité de donner ou de s’engager bénévolement.
Chaque don compte
«Chaque don, qu’il soit matériel, financier ou en temps de bénévolat, compte. Ensemble, nous pouvons alléger le fardeau des familles vulnérables et rappeler que l’hiver et le Ramadhan sont des moments privilégiés pour incarner la solidarité en actes concrets». Ainsi, Oran, au-delà de sa beauté méditerranéenne, révèle chaque hiver une autre facette de sa vie sociale. La mobilisation citoyenne, les initiatives associatives et l’engagement des jeunes font de la ville un exemple de solidarité active. Ces actions démontrent que, face aux difficultés économiques et climatiques, la société civile peut jouer un rôle déterminant pour préserver la dignité et l’espoir des plus vulnérables, et que la solidarité, lorsqu’elle est organisée et constante, peut véritablement transformer la vie des familles et renforcer le tissu social.
Yacine Redjami