
L’ambassadeur de Bulgarie aux Emirats arabes unis accusé de corruption : l’antre des criminels
Les Emirats sont devenus un important refuge pour les capitaux suspects et le blanchiment d’argent, leur nom étant souvent associé aux flux financiers douteux à l’échelle internationale. Parmi les nombreux faits qui attestent de cette réalité, l’inculpation de l’ambassadeur Bulgare aux Emirats arabes unis de corruption. En effet, ce diplomate a été rappelé d’urgence à Sofia pour corruption, à la demande du Premier ministre, a annoncé le ministère bulgare des Affaires étrangères. Cette décision intervient après les révélations d’une enquête anticorruption menée par le gouvernement bulgare. «J’attends le retour» du diplomate «le plus rapidement possible», avait exhorté vendredi le Premier ministre Roumen Radev, devant la presse à Sofia.
L’agence de presse bulgare (BTA), qui cite le ministère, rapporte que «conformément à la procédure établie, les chefs de mission diplomatique sont relevés de leurs fonctions par décret du Président de la République de Bulgarie, sur proposition du Conseil des ministres. Le ministère des Affaires étrangères prendra les mesures nécessaires pour soumettre la question à l’examen du Conseil des ministres» . Les soupçons du gouvernement sont visiblement fondés, puisque la ministre des Affaires étrangères, Velislava Petrova, a ordonné une inspection des activités de l’ambassade de Bulgarie aux Émirats arabes unis. une enquête diligentée par un Etat étranger sur le territoire de l’Émirat, suppose que ledit Etat, la Bulgarie, ne fait pas confiance dans les services d’Abou Dhabi, ce qui constitue un précédent grave qui égrène sérieusement la «respectabilité» des EAU. Cette investigation vient confirmer les résultats d’une enquête menée par le ministère de l’Intérieur, dont le premier responsable, Ivan Demerdzhiev, a révélé la découverte d’une entreprise écran, appartenant au père de l’ambassadeur aux Émirats. Cette entreprise a servi à financer 36 vols en jet privé (pour un montant de plus de 5 millions de dollars) au profit d’un député bulgare, Delyan Peevski, qui fait l’objet de sanctions américaines et britanniques pour corruption.
Cette société appartenant à Ivan Yordanov, le père de l’ambassadeur, a reçu des fonds de quatre entreprises ayant remporté des marchés publics pour la fourniture et la pose de glissières de sécurité routières. Des contrats de plus de 400 millions d’euros ont, par la suite, fait l’objet d’une hausse de plus de 150 millions d’euros.
Ainsi, cette énième preuve de la réalité criminelle des EAU vient corroborer des accusations portées contre cet État par de nombreux médias internationaux. On évoque, en plus de l’association de malfaiteurs pour délit de corruption, des permis de séjour que les Emirats arabes unis accorde à de grands barons de la drogue et des criminels de tout bord. L’affaire de l’ambassadeur de Bulgarie ne sera pas l’arbre qui cache une forêt d’activités illicites que l’Émirat protège.
Nadera Belkacemi



