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L’économie du savoir : une nécessité

L’Algérie organise depuis, hier, le plus important événement africain en matière de nouvelle technologie, le Global Africa Tech. Pour le Président Tebboune, qui a fait de la nouvelle économie une priorité majeure de la stratégie nationale de diversification et de développement économique, le pays n’est pas devant une option qu’il pourrait reporter, mais bel et bien face à une nécessité historique. Rater l’actuelle révolution de l’économie du savoir, avec l’ensemble de ses implications, c’est courir le risque de basculer vers le côté sombre du développement humain. Un nouveau moyen âge s’imposera à toutes les nations qui négligent le saut technologique impérieux que l’humanité est amené à faire. En associant l’Afrique à son ambition, l’Algérie entend créer un écosystème continental solidaire et en même temps performant, capable de résilience et de compétitivité.
Le deal est très possible pour l’Algérie, comme pour l’Afrique. La raison en est que le développement de l’économie du savoir réside d’abord dans le capital humain. Les talents, ce sont des esprits critiques, des innovateurs, des codeurs, des chercheurs, des enseignants qui créent, apprennent et s’adaptent en continu. Cette catégorie de compétence existe en profusion dans le continent et fait déjà le bonheur des pays occidentaux.
Mais si l’économie du savoir repose sur l’innovation, elle a nécessairement besoin d’un écosystème qui la rend possible. Cela signifie soutenir la recherche appliquée, rapprocher les universités du secteur privé, et encourager les start-ups à travers des mécanismes de financement innovants, des incubateurs, et une réglementation propice à l’expérimentation. Une politique claire en matière de propriété intellectuelle, une simplification administrative et des incitations fiscales ciblées peuvent transformer les idées en entreprises, les projets pilotes en activités stables et les retours sur investissement en moteur de croissance.
La diversification économique est un enjeu quotidien. En cela, l’économie du savoir offre une porte de sortie crédible et sûre. Elle permet de créer des emplois qualifiés, d’attirer des investissements directs étrangers et d’augmenter les recettes publiques par la valeur ajoutée des services et des produits liés à la connaissance. En s’inscrivant dans la transition énergétique et numérique, l’Algérie peut devenir une plateforme de services avancés, un hub régional pour la cybersécurité, la data, l’ingénierie et l’innovation technologique.
En somme, la maîtrise et la promotion de l’économie du savoir pour l’Algérie est une ambition plausible, à condition d’une volonté politique cohérente, d’un investissement soutenu dans l’éducation et l’innovation, et d’un cadre qui permette à chacun, partout, d’apprendre, d’inventer et de prospérer. Tout cela se met en place. On peut en avoir pour preuve, l’organisation à Alger du Global Africa Tech…

Par Nabil.G

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