Maintenance des réseaux d’évacuation des eaux pluviales : aux mêmes causes, les mêmes effets
Comme à chaque début de saison hivernale, les belles premières chutes de pluie, espérées et attendues par les populations, ont été accompagnées à Oran par les mêmes désagréments liés aux inondations de routes et d’espaces publics nécessitant l’intervention des éléments de la Protection civile. A Tafraoui, dans la daïra d’Oued Tlelat, tout un complexe industriel a été envahi par les eaux suite au débordement d’un oued gonflé par les fortes précipitations. Des opérations de pompage des eaux et de nettoyage ont été menées un peu partout afin de prévenir des risques potentiels.
Dans la commune d’Oran, un léger glissement partiel de terrain a eu lieu au quartier Ras El Aïn, et plusieurs axes routiers et ronds-points ont été submergés, provoquant de grands ralentissements et des bouchons dans la circulation. Des désagréments connus à chaque saison hivernale, qui viennent remettre au débat public le grand dossier de la maintenance des réseaux d’évacuation des eaux pluviales.
Un dossier vieux de plusieurs décennies qui ne cesse d’envenimer les relations de confiance entre les citoyens et leurs élus locaux au niveau communal. Malgré les directives et les moyens matériels et financiers accordés aux municipalités pour régler le problème des inondations hivernales, le mode de gestion, de maintenance et de réhabilitation de la voirie urbaine reste toujours handicapé par des carences et des déficits cumulés depuis des années. Comment expliquer, soulignent des mauvaises langues locales, qu’une nouvelle route bitumée dans certains quartiers se retrouve inondée par les eaux de ces premières chutes de pluie? Même le trottoir est parfois submergé en raison de l’obstruction des regards et des avaloirs oubliés. Au quartier USTO/HLM, les récents travaux d’aménagement et d’embellissement des espaces, très applaudis par les habitants, ont cependant été menés au pas de charge sans trop se soucier des réseaux de drainage et d’évacuation. Les résidents de quelques immeubles ont dû ériger des passages, avec des blocs de pierre et des planches de bois, pour traverser les grandes nappes d’eau et regagner leur domicile.
Ces défaillances du réseau d’évacuation des eaux pluviales sur le tissu urbain et le réseau routier sont pourtant dénoncées chaque année, même par les responsables locaux en poste qui annoncent à chaque fois leur prise en charge et prochaine éradication. Mais à chaque hiver, bon nombre d’endroits à travers le tissu urbain se transforment en lacs boueux alimenté par les flux d’eaux de pluie déferlant en gravitaire et charriant avec elles les débris, déchets et rejets de toutes sortes.
A l’image de ce torrent constitué au jardin du rond point El Morchid et qui se déversait sur la cité des 1240 logements. Selon des observateurs avisés, plusieurs zones d’habitat urbain restent encore dépourvues de système efficace d’évacuation des eaux pluviales. D’anciens regards et de vieilles canalisations demeurent le plus souvent bouchés et obstruées causant de fortes rapides remontées du niveau d’eau pluviale en stagnation. Même dans les nouveaux quartiers de la ville, routes et trottoirs n’ont pas échappés à ce fléau hivernale des inondations ce qui a, encore une fois, mis à nu les failles, les carences et voire même, disent les mauvaises langues, le laxisme et les tricheries commises lors des travaux engagés pour la réalisation ou la maintenance des réseau d’évacuation des eaux pluviales. Et aux mêmes causes, les mêmes effets.
Par S.Benali