mardi , 29 novembre 2022
<span style='text-decoration: underline;'>Projet de loi des Finances 2023</span>:<br><span style='color:red;'>Une dynamique économique et une vision sociale</span>

Projet de loi des Finances 2023:
Une dynamique économique et une vision sociale

Le budget de l’exercice 2023 a été élaboré sur la base d’un prix référentiel prévisionnel du baril de pétrole de 60 dollars, un «prix prudent» et au-dessous du prix prévisionnel variant entre 90 et 100 dollars le baril.

Le projet de loi des Finances 2023 est porteur d’une volonté de soutenir l’effort social de l’Etat, tout en insufflant une nouvelle dynamique dans le fonctionnement de l’économie nationale. C’est précisément le propos du ministre des Finances, Brahim Djamel Kassali, pour qui les dispositions contenues dans le projet de loi de finances (PLF) 2023 dynamisent l’économie et consolident la politique sociale de l’Etat. Lors d’une plénière à l’Assemblée populaire nationale (APN) consacrée à la réponse aux questions des députés sur le PLF 2023, le ministre a énuméré les objectif immédiats du gouvernements que sont l’encouragement de l’investissement, la diversification de l’activité économique, la préservation des acquis sociaux, l’amélioration du pouvoir d’achat, la maîtrise de l’inflation et la récupération des équilibres financiers internes. Cela tout en poursuivant le financement interne de l’économie et la numérisation du secteur des finances.
Un plan de charge plutôt lourd, mais, affirme le ministre, le gouvernement se donne les moyens juridiques et financiers pour le réaliser. Cela passera par des incitations fiscales à l’investissement, à l’image des exonérations au profit des start-up et des incubateurs, l’exemption d’impôts et de taxes dans les opérations d’exportation effectuées par les personnes morales, l’institution d’un taux réduit de l’impôt sur les bénéfices des sociétés (IBS) fixé à 10 % au profit des sociétés productrices qui acquièrent des matériels de production pour augmenter leurs capacités de l’autofinancement. S’agissant des critères pour l’inscription des projets d’investissement au profit des wilayas, «la priorité est accordée au parachèvement du programme en cours de réalisation et la promotion des potentialités disponibles», a indiqué le ministre.
Concernant le volet social, M.Kassali a rassuré sur les intentions de l’Etat qui, dira-t-il, poursuivra la subvention de la majorité des produits alimentaires de large consommation à l’instar de la semoule, de l’huile, du pain et du lait, de l’électricité, de l’eau, du gaz et de l’essence en vue de préserver le pouvoir d’achat du citoyen, ajoutant que la hausse de la valeur du dinar face à l’euro entraînera la baisse des prix des produits importés, ce qui devra freiner l’inflation dans le pays.
Concernant l’ouverture de banques algériennes à l’étranger, le ministre a fait état de deux projets en cours d’élaboration, le premier concerne la création la «Banque extérieure internationale d’Algérie» en France, qui ouvrira progressivement des agences dans les villes où est enregistrée une forte présence de la communauté algérienne. Le second projet concerne la création de deux banques en Afrique (une au Sénégal, l’autre en Mauritanie) à travers le regroupement sous forme de holding de quatre banques publiques, à savoir la BNA, le CPA, la BEA et la BADR.
Quant au financement de l’économie nationale, M. Kassali a fait savoir que les banques publiques prenaient en charge le financement du secteur économique public y compris les projets structurels d’envergure nécessitant des enveloppes conséquentes, ainsi que 70% des besoins du secteur privé. Les financements fournis par les banques publiques à l’économie ont atteint en 2021 un cumul de 10.424 milliards de dinars hors le rachat par le Trésor public des crédits syndiqués, a-t-il indiqué.
Sur un autre aspect, le ministre a mis en évidence les réformes opérées au niveau de l’administration des impôts. Au total, quelque 400 formateurs issus des ministères et entreprises publiques ont été formés pour assurer la formation des employés concernés par le budget de l’Etat dont le nombre oscille entre 6000 et 10.000 fonctionnaires, a-t-il conclu.
Il faut savoir, enfin, que le budget de l’exercice 2023 a été élaboré sur la base d’un prix référentiel prévisionnel du baril de pétrole de 60 dollars, un «prix prudent» et au-dessous du prix prévisionnel variant entre 90 et 100 dollars le baril. Le déficit budgétaire au titre de l’exercice 2023 sera financé par le recours aux ressources du Fond de régulation des recettes (FRR) disponibles à la fin de l’année 2022 qui devra atteindre 2300 milliards DA, à l’excédent prévisionnel de la fiscalité pétrolière en 2023 et au financement à travers le marché des valeurs du trésor.

Yahia Bourit