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Une industrie qui se fait respecter

Une industrie qui se fait respecter

Le président de la République a évoqué, hier, devant les opérateurs économiques les ambitions algériennes en matière de diversification économique. Et dans la liste de ces ambitions, il y a la promotion des exportations hors hydrocarbures. Souvenons-nous, il y a quelques années encore, parler d’exportations industrielles algériennes vers l’Europe relevait, pour beaucoup d’observateurs, de la profession de foi. On évoquait la dépendance aux hydrocarbures comme une fatalité, un destin gravé dans le sous-sol. Or voilà que, dans quelques semaines, des centaines de bornes de recharge pour véhicules électriques, fabriquées sur le sol national, prendront la route de l’Italie. Le symbole est fort, et il mérite qu’on s’y arrête sans fausse modestie.
Car il ne s’agit pas d’un simple colis. Cette livraison est la deuxième tranche d’un contrat plus large, ce qui signifie qu’un premier lot a déjà franchi l’épreuve la plus redoutable. Il s’agit de celle de la conformité aux normes européennes, parmi les plus exigeantes au monde. Un client italien, installé dans l’un des grands bassins industriels du continent, a jugé le produit algérien fiable, et il revient. En économie, la répétition d’une commande vaut tous les discours.
Le contexte donne à cette nouvelle sa pleine portée. A l’occasion de la seconde édition d’un salon consacré à l’électricité et aux énergies renouvelables, le responsable d’une entreprise nationale du secteur a pu annoncer cette expédition devant les caméras. La filière électrique et gazière, longtemps cantonnée au marché intérieur, se projette désormais au-delà des frontières. L’enjeu n’est plus seulement de substituer des produits locaux aux importations, ambition déjà précieuse, mais de conquérir des parts de marché là où la concurrence est la plus rude.
Il faut y voir un signal de diversification. Un mot qui prend corps. Exporter des équipements liés à la mobilité électrique, c’est s’inscrire dans la transition énergétique mondiale plutôt que de la subir. C’est aussi créer de la valeur ajoutée, des emplois qualifiés, des compétences d’ingénieurs et de techniciens qui, demain, irrigueront d’autres secteurs. L’Algérie dispose d’atouts réels, un marché intérieur vaste, une jeunesse formée, une position géographique à quelques heures de l’Europe, et une volonté politique affichée de sortir de la rente. Ce qui se joue dans cette filière, discrète mais prometteuse, est peut-être l’une des réponses à la question qui hante le pays depuis des décennies. La réponse est entendue. Avant les boîtiers de recharge, l’Algérie a exporté vers l’Europe des milliers de climatiseurs. Et avant cela encore, des téléviseurs, et bien d’autres produits qui porteront, sans bruit, la signature d’une industrie qui apprend à se faire respecter.
— Par Nabil.G

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