EDITO

L’Éducation, épine dorsale de la nation

Le ministre de l’Education nationale a reçu les élèves lauréats des Olympiades africaines d’intelligence artificielle (AOAI), organisées récemment en Tunisie, indique un communiqué du ministère. Cette démarche, qui renvoie à l’idée que l’exécutif est dans l’accompagnement des élèves participants à des concours internationaux, est à saluer. Outre que ce genre d’événements participent à évaluer le niveau de l’école algérienne, elle contribue d’une manière indirecte à renforcer le soft power algérien. Ces deux raisons justifient amplement cette réception, en raison des résultats obtenus par ces élèves aux Olympiades africaines d’Intelligence artificielle. Le ministre a estimé dans une allocution que lesdits résultats «traduisent clairement l’intérêt soutenu qu’accorde l’Etat (..) aux élites nationales, notamment aux élèves brillants excellant dans les domaines scientifiques et technologiques». Posons nous donc la question de savoir si l’intérêt accordé aux élites contribue à l’élévation général du niveau d’instruction de nos élèves, en Algérie. Sommes-nous dans une politique élitiste ? Auquel cas, il faut souligner l’obligation pour l’Etat de demeurer également très attentif à délivrer un enseignement correct à l’ensemble des élèves du pays, qu’ils soient génies ou pas.
Il est important de souligner que l’Éducation est bel et bien l’épine dorsale de la nation. La célébration des talents qui en émergent, ne doit pas constituer une sorte d’alibi que tout va bien. Quand bien même, les élèves algériens multiplient les exploits dans les domaines techniques, et c’est parfait, cela ne doit pas masquer les défis structurels qui réduisent les capacités du système éducatif national à aller de l’avant. L’objectif noble qu’il faut absolument viser est celui de procurer une éducation de qualité pour tous les élèves algériens. Si l’élite peut devenir le ferment d’un progrès collectif, elle ne doit pas «cacher» la forêt d’insuffisances. Ces réussites à l’international sont en réalité une opportunité pour des investissements dans les infrastructures, la formation des enseignants, l’accès généralisé aux technologies et à Internet. L’enjeu est de faire en sorte que chaque élève puisse développer son sens critique, sa curiosité scientifique, mais aussi un sens de l’observation de la société. L’Algérie doit produire de grands scientifiques, mais aussi des sociologues, des juristes, des historiens et des artistes…
La solution est dans la persévérance et une communication pédagogique qui clarifie les objectifs. Le ministre a raison de rappeler l’importance des élites, mais il conviendrait aussi de rappeler que l’État se doit d’assurer une «éducation pour tous» comme garante d’un développement durable. L’équilibre entre investissement dans l’excellence et universalité est indispensable.

Par Nabil.G

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