Une nécessaire mobilisation citoyenne
Le fléau des vols de couvercles de bouches d’égouts, des câbles électriques, des grands bac en plastique de collecte des ordures, semble désormais s’étendre à tout ce qui peut représenter une source d’argent facile à ramasser par le vol et la vente d’éléments d’équipements installés sur le tissu urbain pour le confort et le bien être des habitants. Depuis quelque temps, même les clôtures métalliques des jardins publics, comme celles du parc public “Le Méditerranéen” à Haï Seddikia, n’échappent pas au vandalisme et à la prédation de certains énergumènes sans scrupules faisant main basse sur des biens publics.
Dans certaines cités qui ont connu récemment des opérations d’aménagement et d’embellissement de l’espace urbain, même des bordures de trottoirs ou de carrés d’espaces verts et des dalles de revêtement de sol sont décelées et volées en vue d’être revendues à un revendeur ou opérateur. Selon des observateurs avisés, de véritables petits réseaux aux contours mafieux s’organisent de plus en plus autour de ce créneau de cambriolage et de dégradation volontaire du cadre de vie des habitants.
Une pratique qui vient aggraver et accélérer le phénomène de clochardisation de certains sites d’habitat urbain, déjà fragilisés par les carences et les insuffisances des politiques publiques municipales en matière de ramassage des ordures ménagères. Le fameux «syndrome de la vitre brisée» servant aux sociologues à expliquer l’avancée rapide de la détérioration des espaces collectifs à travers les grandes cités d’habitat, trouve ici et là tout son sens.
Un banc en granit installé en bordure de trottoir à la cité HLM a été récemment vandalisé, cassé et complètement détruit.
Et moins d’une semaine plus tard, des sacs d’ordures ménagères et de déchets divers ont envahi l’endroit jonché par les morceaux et débris de pierre du banc démoli. Selon des témoignages de quelques riverains, ce présumé banc en pierre grisâtre, sans dossier et sans esthétique, ne servait que de point de rencontre et de vives discussions «génantes pour les habitants mitoyens dérangés dans leur sommeil».
«Pourquoi, se lamentent quelques retraités, la commune n’a pas étudié convenablement la conception et l’implantation de ces bancs installés juste en face de nos fenêtres?». Un autre débat pertinent qui s’intègre dans le volet global de l’amélioration du confort et de la sécurité du cadre urbain à travers les quartiers et les grandes cités d’habitats. Malgré les efforts indéniables et les crédits conséquents engagés par la wilaya depuis ces dernières années pour aménager et embellir le cadre urbain, bon nombre de contraintes restent encore à lever afin d’atteindre les objectifs visés.
L’éradication des premiers signes d’avancée de la clochardisation urbaine passe aussi par une sensibilisation et mobilisation citoyenne permanente autour de la lutte contre l’incivisme, le vol, le vandalisme, les tricheries commerciales, et les petits trafics en tout genre qui pénalisent le confort de vie quotidienne des habitants…
Par S.Benali