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Une première dans le pays : ouverture d’un service d’hospitalisation nocturne à l’EHU

Le mois sacré du Ramadan oblige, l’établissement hospitalier 1er Novembre 1954 d’Oran vient de lancer un service d’hospitalisation nocturne, une première dans le pays. Cette initiative vise à répondre aux besoins spécifiques des patients atteints de maladies chroniques, notamment le diabète, dont les consultations se révèlent souvent difficiles à organiser en soirée.

Le directeur général de l’hôpital, Rabah Barr, a précisé que des équipes médicales spécialisées seront mobilisées chaque soir pour assurer un suivi de proximité après l’Iftar, permettant une prise en charge immédiate des cas urgents et la continuité des soins pour les patients ne pouvant se déplacer pendant la journée. «Cette organisation permettra d’étendre la plage d’accueil et de mettre en place un couloir dédié à l’hospitalisation nocturne, opérationnelle tout au long du Ramadhan», a-t-il indiqué.
Les équipes concentreront leurs efforts sur les patients diabétiques, proposant consultations, ajustement des traitements, conseils diététiques et recommandations sur le jeûne, afin de prévenir les risques de complications sévères comme les hypoglycémies ou hyperglycémies aiguës.
Une attention particulière sera portée aux patients atteints de diabète de type 1 ou présentant un contrôle glycémique instable, pour lesquels l’arrêt temporaire du jeûne peut être recommandé. Parallèlement, le ministère de la Santé a diffusé une directive nationale sur la prévention et l’accompagnement médical pendant le Ramadhan, adressée aux walis, directeurs des hôpitaux, des responsables de la santé et des établissements hospitaliers. Le document, intitulé «Pour un Ramadhan serein», met l’accent sur la protection des patients atteints de maladies chroniques, avec un focus particulier sur le diabète et le bien-être.
Le ministère rappelle que le jeûne, bien qu’important sur le plan spirituel, peut représenter un risque sanitaire accru pour certaines catégories de patients : diabétiques, hypertendus, cardiaques ou insuffisants rénaux. Il souligne l’importance de consulter un professionnel de santé avant le début du Ramadhan pour évaluer l’aptitude au jeûne et organiser un suivi adapté. Des campagnes de sensibilisation et des sessions d’éducation thérapeutique seront également proposées, notamment via la plateforme «Ramadhan et Santé 2026 », pour diffuser des informations fiables sur la gestion des maladies chroniques pendant le jeûne. Cette initiative s’inscrit dans une logique de prévention et de continuité des soins, en offrant aux patients un encadrement médical adapté à leurs besoins spécifiques pendant une période sensible.
L’objectif est de combiner pratique religieuse et sécurité sanitaire, tout en réduisant les risques liés aux complications nocturnes et en garantissant un accompagnement personnalisé pour chaque patient. Selon Rabah Barr, le succès de cette expérimentation pourrait servir de modèle national et inspirer d’autres établissements à adopter des dispositifs similaires, permettant ainsi d’optimiser la prise en charge des maladies chroniques et d’assurer un Ramadan plus sûr pour l’ensemble des patients vulnérables.

Yacine Redjami

 

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