
Université d’Oxford : l’héritage de l’Emir Abdelkader, l’enseignement supérieur et les relations algéro-britanniques en discussion
Le Centre des études islamiques de l’université d’Oxford a abrité, samedi, dans le prolongement de l’inauguration de la «Chaire Emir Abdelkader», des panels de discussion qui ont approfondi la réflexion sur une variété de thèmes en relation avec la personnalité du fondateur de l’Etat algérien moderne, le développement de l’enseignement supérieur en Algérie et l’économie et les relations algéro-britanniques.
Le premier panel, présidé par le recteur de Djamaâ El-Djazair, Cheikh Mohamed Maâmoun Al Kacimi Al Hoceini, avec la participation du Pr Mustapha Cherif, ancien ministre et islamologue, du Pr Tom Woerner-Powell, de l’université de Manchester, du Pr Mohamed Bouabdallah de l’université de Westmister et de Yacine Benabid, directeur général du centre culturel de Djamaâ El-Djazair, a porté sur l’héritage de l’Emir Abdelkader.
«Il ne s’agit pas d’un simple retour à l’Histoire», a indiqué le recteur de Djamaâ El-Djazair dans son intervention, mais d’une «réflexion au coeur d’une expérience humaine et d’une personnalité unique, de par l’unité et l’intégration de toutes ses facettes».
«En l’Emir Abdelkader se rejoignent la pensée et l’action, l’éthique et la puissance, la spiritualité et la politique, le patriotisme et l’ouverture humaniste», a-t-il dit, ajoutant que l’Emir, «bien qu’il ait été un savant religieux, un soufi ou un homme d’Etat, ne l’a pas été au sens traditionnel du terme, mais a plutôt représenté un modèle unique à lui seul», a-t-il ajouté.
La discussion a réaffirmé la portée universelle et la modernité de l’héritage de l’Emir et mis en lumière une figure historique majeure, à la fois bâtisseur d’Etat, pionnier du droit humanitaire et promoteur du dialogue interreligieux.
Les interventions ont documenté le génie politique de l’Emir Abdelkader qui s’est traduit par l’édification d’un véritable Etat moderne avec la mise en place d’une administration structurée, d’une justice indépendante, d’une monnaie unique et d’une armée régulière.
Le rôle d’avant-garde de l’Emir dans la protection des droits humains a également constitué «un axe fort» des débats qui ont rappelé son apport dans la codification du traitement éthique des prisonniers de guerre et le respect de leur intégrité physique et spirituelle.
Au-delà du chef d’Etat, «la dimension philosophique et soufie de l’Emir a captivé les participants» qui s’accordent sur le constat que l’Emir Abdelkader «dépasse aujourd’hui le cadre mémoriel algérien pour s’imposer comme une figure de réconciliation universelle entre l’Orient et l’Occident».
Un second panel de discussion, consacré à «la science, la technologie et l’enseignement supérieur», a été présidé par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Kamel Baddari qui a parlé à l’occasion, de «la stratégie algérienne pour transformer l’université en véritable moteur de l’économie numérique et de l’entrepreneuriat», détaillant notamment «la transition structurelle des universités algériennes pour en faire des pépinières d’innovation pragmatiques.» David Clary, directeur émérite du Collège Magdalene de l’université d’Oxford et ancien conseiller scientifique au ministère des Affaires étrangères, le Pr Adil Najam, Doyen émérite à l’université de Boston et le Pr Shahid Jameel du Collège Green Templeton de l’université d’Oxford ont pris part à ce panel, qui a, entre autres, débattu de «l’intégration des technologies et de l’innovation pédagogique pour moderniser l’apprentissage».
Ce panel n’a pas manqué d’évoquer «la volonté commune de bâtir des passerelles académiques durables entre l’Algérie et le Royaume-Uni», mettant l’accent sur l»’importance de la coopération technologique internationale pour relever les défis mondiaux de l’heure».
Enfin un troisième panel de discussion, dédié à l’»économie et au développement humain au Royaume-Uni et en Algérie», a analysé les trajectoires économiques et les politiques de développement dans les deux pays et débattu des stratégies d’inclusion sociale face aux mutations globales que connait le monde.
Le panel modéré par le Pr Amir Lebdioui de l’université d’Oxford a mis en relief «les efforts déployés dans les deux pays pour promouvoir les relations algéro-britanniques».
Martyn Roper, ancien ambassadeur britannique à Alger et président du Conseil d’affaires algéro-britannique ainsi que l’ambassadeur d’Algérie à Londres, Nourredine Yazid se sont félicités du «dynamisme que connaissent les relations bilatérales avec une croissance constante des échanges et une diversification des secteurs de coopération», citant particulièrement les secteurs de l’agriculture et des mines.
La nouvelle stratégie de l’Algérie pour diversifier l’économie et développer un tissu industriel hors-hydrocarbures a été également abordée lors de la discussion.
Les panélistes ont, d’autre part, mis l’accent sur «la centralité du développement humain, mesuré par l’accès à l’éducation, à la santé et à l’emploi». Des indices considérés comme «vecteurs de réduction des inégalités».
En marge de l’événement, une exposition de tableaux de l’artiste-peintre algérienne Anissa Berkane a été organisée dans l’enceinte du Centre.
L’artiste a choisi pour la circonstance et le lieu «des oeuvres qui renvoient aux textes sacrés du Coran et à la manière dont celui-ci est codé mathématiquement» et qui représentent «une invitation à une compréhension plus positive de l’Islam et ses valeurs d’amour et de tolérance».
Une exhibition de costumes traditionnels, reflétant la richesse vestimentaire de l’Algérie et une dégustation des mets de la cuisine algérienne figurent également au riche programme élaboré à l’occasion de l’inauguration de la «Chaire Emir Abdelkader».



