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Le cauchemar continue

Le cauchemar continue

Un an après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, les habitants de Ghaza vivent un cauchemar à répétition. Les assassinats continuent avec la même sauvagerie, et plus encore, il n’y presque plus rien à manger. Le Programme alimentaire mondial annonce la réduction de son aide, faute d’argent. Cette annonce signifie qu’un demi-million de personnes seront privées, chaque mois, d’un soutien qui leur permettait de tenir. Cette catastrophe humaine est annoncée alors que plus d’un habitant sur deux dépend toujours du PAM pour survivre.
Rappelons la chronologie. En août 2025, la famine était officiellement déclarée dans l’enclave. Quelques mois plus tard, après la trêve ( pas respectée par Israël) et l’arrivée accrue de convois, le constat était revu. Le monde a alors poussé un soupir de soulagement, comme si la sortie du seuil de famine équivalait à la fin du drame. C’était oublier qu’une population qui n’est plus affamée au sens technique reste une population exsangue, privée de travail, de terres cultivables, de foyers et de toute perspective.
Mais ce recul de la famine ne fut que temporaire. Les contributions des États s’amenuisent, les dons se raréfient, et l’agence affirme avoir reçu, cette année, moins de la moitié des fonds habituels. A mesure que les caméras se détournent, les portefeuilles se ferment. Ce sont les plus fragiles, enfants, malades, veuves, déplacés, qui paient le prix de cette indifférence comptable. Mais ne jetons pas la pierre aux seuls donateurs récalcitrants. Il y a dans la situation dramatique du peuple de Ghaza une faillite politique que se partagent les alliés de l’entités sioniste. Et pour cause, distribuer du pain et de la farine soulage, mais ne règle rien tant que les causes de la détresse demeurent, tant que l’occupant contrôle l’accès, les passages et les ressources, tant que la reconstruction reste suspendue à des promesses. En un mot comme en mille, les sionistes maintiennent près de deux millions d’être humains entre la vie et la mort, avec l’assentiment de leurs amis occidentaux. Cela ne rappelle-t-il pas d’horribles scènes au cœur de l’Europe ? Les victimes des Européens d’hier sont aujourd’hui les génocidaires des Palestiniens de Ghaza.
L’appel lancé par le responsable du PAM à ne pas détourner le regard résonne comme un avertissement autant que comme une supplique. Se détourner, c’est accepter qu’un peuple soit laissé à sa précarité une fois l’émotion retombée. C’est aussi enterrer, avec la complicité du silence, les engagements pris au nom du droit international.
L’Algérie, comme d’autres voix attachées à la cause palestinienne, ne cesse de rappeler que la solidarité ne se mesure pas aux communiqués, mais aux actes. Financer l’aide, ouvrir les passages, exiger la reconstruction. Voilà ce qu’attendent les habitants de Ghaza. Le reste n’est que compassion de façade. Un cessez-le-feu qui n’apporte ni nourriture, ni toit, ni avenir n’en n’est pas véritablement un. C’est une autre horrible forme de souffrance.
— Par Nabil.G

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