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Mettre un terme à la spéculation

Mettre un terme à la spéculation

Quand le Premier ministre réunit autour d’une même table plusieurs ministres, le patron des commerçants et les représentants de la filière des viandes rouges, c’est le signe d’une volonté au plus haut niveau de l’Etat de mettre un terme à la spéculation sur les prix de ce produit. Les ministres concernés ont ainsi pris connaissance des doléances et des suggestions de professionnels qui réclament la même chose que les ménages, à savoir que la viande en quantité suffisante, soit présente toute l’année sur les étals, à des tarifs encadrés que le salarié moyen peut assumer.

On ne règle pas un marché aussi sensible en décrétant d’en haut, sans écouter ceux qui élèvent, transportent, abattent et vendent. Et pour cause, les explications sont nombreuses et nécessaires. Les éleveurs pointent le coût de l’aliment du bétail et du fourrage. Les détaillants dénoncent des marges avalées en amont. Les consommateurs, eux, soupçonnent la spéculation et les intermédiaires qui s’empilent entre l’étable et la boucherie. Et souvent, ils n’ont pas tort. Chacun renvoie la responsabilité au maillon voisin, et c’est précisément pour cela qu’un cadre commun de discussion est utile. Cela oblige à mettre les arguments sur la table et à les confronter aux chiffres.

Encore faut-il que ces chiffres soient précis ? A cette question, il y a une réponse. La numérisation permet de régler ce problème. On saura combien de têtes de bétail compte réellement le pays, quelle part du marché est couverte par la production nationale, quelle part par l’importation, quels circuits échappent encore à tout contrôle. La fin de l’à peu près dans la gestion du commerce, notamment celui des viandes rouges, est peut-être proche. Mais ne nous emballons pas. Un prix réglementé ne vaut que s’il est appliqué, et il ne tient que s’il est soutenu par une offre réelle.

C’est dire qu’outre la numérisation, la solution durable passe par plusieurs leviers que sont le soutien à l’élevage local, notamment sur le coût de l’alimentation animale, la fluidification de la chaîne du froid et de la distribution, le contrôle sérieux des pratiques abusives, et le recours à l’importation avec discernement, comme appoint et non comme béquille permanente.

Le gouvernement a écouté. C’est la première étape. La seconde est celle des engagements datés, des mesures vérifiables et d’un bilan présenté aux citoyens. Les professionnels attendent des garanties, les consommateurs attendent de la viande abordable, et les uns comme les autres jugeront sur pièces. A la prochaine hausse des prix des viandes rouges , on saura précisément lequel des maillons de la chaîne s’est brisé.

En attendant, le dialogue interprofessionnel et avec le gouvernement est plus qu’important. C’est par cette voix que l’on parvient à régler les problèmes.

— Par Nabil.G

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