A la une

Après l’énergie solaire : l’Algérie initie ses premières fermes éoliennes

Après l’énergie solaire

L’Algérie initie ses premières fermes éoliennes

Le programme national de développement des énergies renouvelables prévoit l’installation de 15 000 mégawatts d’ici 2035, avec une très large part de solaire photovoltaïque, associé à l’éolien, dans le sud et les Hauts Plateaux.

L’Algérie lance un grand projet portant sur deux fermes éoliennes de 100 MW chacune, à Djelfa et à Laghouat. Sonelgaz Énergies renouvelables, filiale du groupe public, est passé à la phase d’études de faisabilité, un peu plus d’un mois après avoir lancé, le 30 septembre, l’appel d’offres pour la construction des deux sites. Le 20 octobre, l’entreprise a lancé un appel d’offres national consacré à ces études. Elles portent sur la réalisation clés en main des deux fermes et sur leurs ouvrages de raccordement au réseau de transport d’électricité. L’appel s’adresse aux sociétés de droit algérien du secteur énergétique, qui doivent justifier d’une expérience avérée et de références internationales dans des études de faisabilité de projets similaires. Elles doivent aussi disposer des capacités techniques et financières exigées par le cahier des charges.

Pour déposer une offre, les candidats doivent avoir à leur actif deux projets de fermes éoliennes d’au moins 20 MW chacun. Sonelgaz se réserve le droit de vérifier à tout moment les informations fournies. Chaque soumissionnaire, seul ou en groupement, ne peut se prévaloir que de ses propres qualifications. Boukhalfa Yaici, président de Green Energy Cluster Algeria, juge que commencer par une étude de faisabilité est « une très bonne chose » pour le projet comme pour la filière des énergies renouvelables. Selon lui, l’appel d’offres ouvre une nouvelle opportunité aux experts locaux, qui peuvent s’associer à des partenaires internationaux pour présenter des offres compétitives.

Ces deux fermes s’inscrivent dans la stratégie de diversification énergétique du pays. Longtemps dépendante des hydrocarbures, qui assurent l’essentiel de sa production électrique et de ses recettes extérieures, l’Algérie veut accélérer sa transition. Le programme national de développement des énergies renouvelables prévoit l’installation de 15 000 mégawatts d’ici 2035, avec une très large part de solaire photovoltaïque, dans le sud et les Hauts Plateaux, où l’ensoleillement est parmi les meilleurs du monde. Le programme « Shems » de Sonelgaz, qui vise plusieurs gigawatts de centrales solaires, en est l’un des volets les plus visibles. L’éolien, pour sa part, doit compléter le solaire, car il produit à d’autres moments de la journée et contribue à la stabilité du réseau.

Au-delà de sa consommation intérieure, l’Algérie ambitionne de devenir un acteur énergétique majeur de la Méditerranée. Déjà fournisseur de gaz de l’Europe, notamment de l’Italie, par les gazoducs Transmed et Medgaz, elle veut élargir son offre à l’électricité verte et, à terme, à l’hydrogène vert. Plus le pays produit d’électricité renouvelable pour son propre marché, plus il libère de gaz pour l’exportation, ce qui renforce son poids sur le marché européen.

L’idée d’une interconnexion électrique sous-marine entre l’Algérie et l’Europe, par l’Italie, illustre cette ambition. Un tel câble n’aurait de sens que si l’Algérie dispose d’un excédent important d’électricité renouvelable. Exporter du courant d’origine fossile vers un continent qui cherche à décarboner son énergie n’aurait guère d’intérêt, et l’Europe exige de plus en plus une électricité verte. Les projets éoliens de Djelfa et de Laghouat, comme les centrales solaires prévues dans le Sud, sont donc des étapes nécessaires.

Nadera Belkacemi

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page