
Deux laboratoires d’analyse de la qualité aux frontières inaugurés par le Premier ministre : la qualité à la frontière
La qualité à la frontière
Le Premier ministre, M. Sifi Ghrieb, a inauguré, hier, au port d’Alger, deux laboratoires d’analyse de la qualité aux frontières. Cet événement marque une étape importante dans le commerce national, en ce sens qu’il touche à la santé publique de l’ensemble de la société. Il y a lieu de rappeler que l’annonce de ces laboratoires a été faite le 7 juin dernier, lors d’un Conseil des ministres. Le Président Tebboune y avait ordonné la création de laboratoires de contrôle dans tous les ports et aéroports du pays. Alger ouvre la marche. Autour du Premier ministre, étaient présents, le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, Brahim Merad, les ministres du Commerce intérieur, du Commerce extérieur, des Transports, de la Santé, de l’Enseignement supérieur, et le wali d’Alger. La délégation accompagnant le Premier ministre illustre le spectre du domaine de compétence de ces installations stratégique.Il y a dans cette inauguration le signal de la volonté de l’Etat de maîtriser les frontières maritimes et aérienne en matière de filtrage des produits qui accèdent au territoire nationale et ceux qui en sortent dans le cadre de l’exportations. Le laboratoire à la frontière renverse l’ordre des choses. On analyse d’abord, on libère ensuite.
Pour le consommateur algérien, l’enjeu est vital au sens premier du terme. Derrière les mots ⟪ conformité aux normes et spécifications en vigueur ⟫ se cachent souvent des maladies évitées, des intoxications qui n’auront pas lieu, des familles épargnées. Le fraudeur n’a que faire de la santé d’autrui. Seul un instrument de mesure, impartial et incorruptible, peut révéler l’infraction. Ces laboratoires donnent aux services de contrôle un appui technique et scientifique qui leur manquait, et restaurent une confiance que des scandales successifs avaient entamée.
Mais l’affaire ne s’arrête pas aux produits qui entrent. Elle concerne tout autant ceux qui sortent. L’Algérie veut exporter, et le dit haut et fort. Or un produit algérien refusé à Marseille, à Rotterdam ou à ailleurs pour un taux de résidus mal maîtrisé ou un certificat contesté ne perd pas seulement un marché, il ternit l’image de tout un pays. Une cargaison rejetée fait plus de tort que dix campagnes de promotion ne feront de bien. A l’inverse, un produit passé au crible d’un laboratoire national, avec des résultats fiables et reconnus, voyage avec un passeport de crédibilité. La réputation du ⟪ made in Algeria ⟫ se construit là, dans la rigueur des analyses, avant de se jouer dans les salons et les vitrines.
Le ministre du Commerce extérieur, présent à la cérémonie, confirme cet état de fait. Les marchés étrangers se conquièrent avec des preuves irréfutables quant à la qualité des produits exportés. En cela l’analyse préalable est le seul élément quantifiable de la véracité des déclarations des exportateurs. La tâche, désormais, est de tenir la barre haute, de former, d’accréditer, de généraliser l’expérience à tous les ports et aéroports du pays, comme le Président l’a voulu. Si ce pari est tenu, l’Algérien mangera plus sûr, et l’Algérie vendra plus loin. Deux bénéfices pour un seul investissement.
Yahia Bourit



