Une mission d’intérêt publique
Une mission d’intérêt publique
La campagne électorale pour les élections locales débute aujourd’hui. La logique serait qu’à partir de ce week-end, le débat sur la gestion des APC et des APW dominera la scène nationale. Les nouvelles formations politiques, comme les plus enracinées ont, à l’occasion des trois semaines qui précèdent le scrutin, une formidable opportunité pour attirer l’attention des électeurs et, partant, gagner quelques précieux points, susceptibles de leur offrir l’opportunité de placer leurs cadres dans les institutions de la République. C’est ainsi, qu’on le veuille ou pas, que se construit un paysage politique digne de ce nom.
Patiemment, avec un maximum de détermination, une vision propre de la société de demain et un sens élevé de l’intérêt public, un ensemble de militants associent leurs efforts et parviennent au final à convaincre leurs concitoyens de la justesse de leurs idées. Et même s’ils ne parviennent pas, ils auront participé à l’essor de leur pays en faisant avancer le débat, à travers les contradictions qu’ils apportent à ceux qui exercent le pouvoir. La prochaine échéance électorale fait partie de cette logique de toute société démocratique. C’est le moment où les militants jouent leur rôle.
Or, il apparaît que les choses ne sont pas aussi évidentes que cela. Dans la tête de chaque « militant », le parti auquel il appartient, quel que soit son itinéraire, est fait pour gouverner. Les cadres de partis ne conçoivent pas qu’il faille mouiller le maillot pour convaincre, que pareille entreprise prend beaucoup de temps.
Il serait grand temps que de pareilles attitudes cessent d’être majoritaires dans le paysage politique national. L’Algérie a effectivement besoin de vrais militants, d’hommes et de femmes qui croient en leur pays, qui rêvent de le voir prospérer et qui ne considèrent pas l’accès à un poste de responsabilité électorale comme une fin en soi, mais comme un moyen pour accomplir une mission d’intérêt publique.
Le paradoxe est d’autant plus frappant que les citoyens, eux, ne s’y trompent pas. Ils observent, comparent, retiennent. Ils distinguent aisément le candidat qui frappe à leur porte toute l’année de celui qui ne surgit qu’à la veille du vote, sourire de circonstance et promesses à l’appui. La défiance envers les élus n’est pas tombée du ciel, elle est le prix d’une politique vécue comme une rente, non comme un service.
Or, les APC et les APW sont d’abord le lieu du quotidien rythmé par un besoin d’eau, de routes praticables, d’éclairage de la voie publique, d’école aux bonnes normes. C’est là que se juge un élu, et là qu’il gagne, au-delà du siège, la confiance. Les trois semaines qui viennent diront qui l’a compris. Les autres n’auront que leurs lamentations pour consolation.