Oran

Attaque de la Grande poste d’Oran en 1949 : un repère historique majeur

Le musée du Moudjahid à Oran a abrité, en début de cette semaine, une conférence historique commémorant le 77 anniversaire de l’opération de la Poste d’Oran, survenue le 5 avril 1949.

Considérée comme l’une des actions les plus marquantes de la résistance contre le colonialisme français, cette opération a marqué un tournant stratégique dans la préparation de la lutte armée pour l’indépendance nationale. L’événement, initié par le Laboratoire des études maghrébines et du développement de l’État national, en coordination avec la Faculté des sciences humaines de l’Université d’Oran 1 et la Direction des moudjahidine, a rassemblé chercheurs, enseignants, étudiants, représentants des familles révolutionnaires, ainsi que des responsables sécuritaires.
L’objectif : revisiter les événements qui ont précédé le déclenchement de la révolution libératrice et analyser le rôle des dirigeants nationaux dans l’élaboration du projet révolutionnaire. Dans son allocution d’ouverture, le professeur Hamid Aït Habouche a souligné la portée audacieuse de l’opération de la poste d’Oran, la qualifiant de «décision courageuse et novatrice» dans le parcours de la lutte nationale. Il a précisé que cette rencontre visait à explorer divers aspects de l’événement à travers des approches multiples, tout en encourageant la jeunesse à approfondir la recherche académique sur l’histoire algérienne.
De son côté, le représentant de l’Organisation nationale des moudjahidine, Brahim Ben Ayad, a rappelé que l’opération incarnait la volonté populaire de briser les chaînes coloniales malgré les tentatives de contrôle du mouvement national par les autorités françaises. La conférence a mis en lumière la participation de figures emblématiques de l’époque, notamment Hocine Aït Ahmed et Ahmed Ben Bella, ainsi que les rôles logistiques et stratégiques de d’autres leaders, tels que Bouchaïb et d’autres membres de la cellule opérationnelle de la Poste d’Oran. Les interventions ont également détaillé la planification minutieuse de l’opération, depuis la première tentative infructueuse en mars 1949 jusqu’au succès final, fruit d’une coordination rigoureuse, d’une sélection stratégique des participants et d’un soutien financier obtenu malgré les restrictions économiques imposées par le colonialisme.
Les participants ont évoqué l’importance du financement dans l’acquisition des armes et le maintien des opérations secrètes, ainsi que l’efficacité du réseau clandestin qui a permis de mener à bien l’action malgré des moyens limités. Le rôle des universités et des laboratoires de recherche dans la transmission de la mémoire historique a été largement souligné. Les chercheurs ont insisté sur l’importance de ces initiatives pour sensibiliser la jeunesse et renforcer l’identité nationale, en présentant l’opération de la Poste d’Oran comme un exemple concret de planification stratégique et de détermination dans la lutte pour l’indépendance.
Les discussions ont mis en évidence que cet épisode reste un repère historique majeur, illustrant la transition vers la lutte armée et l’affirmation d’une stratégie réfléchie face à l’occupation. La conférence s’est achevée sur un consensus général : la nécessité de poursuivre l’organisation de rencontres scientifiques et d’études sur l’histoire nationale, afin de préserver la mémoire des sacrifices et des stratégies qui ont permis à l’Algérie d’atteindre son indépendance. L’opération d’Oran demeure ainsi un symbole vivant de la résistance méthodique et de l’engagement des moudjahidine, inspirant les générations actuelles à comprendre et à valoriser ce patrimoine historique.

Yacine Redjami

 

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