Oran

Chirurgie maxillo faciale Accélérer le renforcement des partenariats entre pays africains

L’Algérie confirme son ambition de s’imposer comme un acteur majeur de la coopération sanitaire en Afrique, à travers une stratégie fondée sur le partage des compétences médicales, la formation spécialisée et l’accueil de patients venus du continent.

Cette orientation a été largement mise en avant à Oran, lors du troisième Congrès international de chirurgie maxillo-faciale et de chirurgie esthétique, organisé au sein de l’établissement hospitalier universitaire 1er Novembre 1954 de l’USTO.
Les participants à cette rencontre scientifique, réunissant médecins, universitaires et spécialistes, ont insisté sur la nécessité d’accélérer le renforcement des partenariats médicaux entre pays africains. Selon eux, le continent dispose désormais d’un potentiel humain suffisant pour développer une véritable autonomie sanitaire, à condition de structurer davantage la coopération et de favoriser la circulation des savoirs entre établissements hospitaliers. Dans ce contexte, l’Algérie est perçue comme un pays disposant d’atouts importants, tant en matière de ressources humaines qualifiées que d’infrastructures hospitalières modernes. Plusieurs intervenants ont souligné que cette combinaison permet aujourd’hui d’envisager son positionnement comme pôle de référence régional, notamment dans les spécialités médicales de pointe telles que la chirurgie maxillo-faciale. Le directeur de la santé et de la population de la wilaya d’Oran a indiqué que l’EHU 1er Novembre 1954 accueille désormais des patients issus de plusieurs pays africains pour des soins spécialisés, une situation qui contrastait auparavant avec le recours systématique aux évacuations sanitaires vers l’Europe. Cette évolution est interprétée comme un indicateur de confiance croissante envers le système de santé algérien et ses compétences médicales. Pour les responsables du secteur, cette dynamique s’inscrit dans une vision stratégique nationale qui accorde une importance particulière à la coopération Sud-Sud. Celle-ci concerne notamment les domaines à forte dimension humaine, comme la santé, l’éducation et la formation, avec pour objectif de renforcer la solidarité entre pays africains et de réduire les déséquilibres en matière d’accès aux soins spécialisés. Dans le même esprit, le directeur général de l’EHU d’Oran, Rabah Barr, a rappelé que l’établissement s’engage activement dans une politique d’ouverture vers les systèmes de santé africains. Cette démarche repose sur l’échange d’expertise, la prise en charge de cas médicaux complexes et l’accompagnement des structures hospitalières partenaires dans le renforcement de leurs capacités.
Il a également annoncé la préparation d’un accord de coopération avec des institutions publiques de Côte d’Ivoire, qui devrait être signé en marge du congrès. Ce partenariat portera principalement sur la formation médicale et la prise en charge spécialisée. D’autres pays africains sont également concernés par cette dynamique, notamment le Sénégal, le Burkina Faso et le Cameroun, tandis qu’une convention existe déjà avec la Mauritanie. Selon lui, l’objectif est de faire évoluer l’EHU d’Oran vers un statut de centre médical de référence à l’échelle africaine, capable d’attirer des patients et de former des professionnels de santé venus de différents pays du continent. Cette ambition vise également à renforcer la visibilité internationale de l’Algérie dans le domaine médical. Le chef de service de chirurgie maxillo-faciale et de chirurgie esthétique, également président de la société scientifique nationale de la spécialité, a pour sa part insisté sur la dimension structurante de ces partenariats. Il estime qu’ils permettent de construire un réseau de coopération durable, basé sur le transfert de savoir-faire et la mutualisation des expertises. Pour ce spécialiste, la création d’un espace sanitaire africain intégré constitue un objectif réaliste à moyen terme, à condition de consolider les compétences locales et de renforcer la coordination entre institutions médicales du continent. Cette approche vise à répondre collectivement aux défis sanitaires communs, tout en limitant la dépendance vis-à-vis des structures extérieures. À travers ce congrès tenu à Oran, les participants ont ainsi réaffirmé une conviction partagée : l’Afrique dispose des ressources nécessaires pour bâtir un modèle de coopération médicale autonome et efficace. Dans cette perspective, l’Algérie entend jouer un rôle central, en s’appuyant sur son expérience hospitalière et ses capacités de formation pour contribuer à structurer durablement le paysage sanitaire continental.

Nassim.H

 

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