EDITO

La guerre des bombes et des mots

Ce n’est pas parce qu’on répète la même chose que c’est forcément la vérité. Mais de cela, le président américain n’en a cure. Trump continue à marteler qu’il a gagné sa guerre contre l’Iran. Une assertion encore proclamée ce lundi soir où il a déclaré sur son réseau Truth Social, “je suis en train de gagner la guerre et de loin! Tout se passe à merveille”. Rien que cela: tout se passe donc à merveille, il n’y a aucune anicroche à le croire donc. Sauf que sur le terrain cette guerre est bien loin d’être terminée, et cela tout le monde ne le sait que trop bien.
Trump reste convaincu, ou peut-être veut faire croire, que le blocus qu’il a décidé au Golfe d’Oman a changé la donne. Un blocus qu’il n’a nullement l’intention de lever et le conditionne à l’obligation pour les Iraniens de signer l’accord qu’il souhaite lui. “LE BLOCUS, que nous ne lèverons pas tant qu’il n’y aura pas de DEAL, est en train de complètement détruire l’Iran. Ils perdent 500 millions de dollars par jour, un chiffre intenable pour eux, même à court terme». Une conviction qui paraît bien loin de ce que pensent les Iraniens, qui ont laissé entendre qu’ils pourraient ne pas aller à Islamabad pour discuter avec les Américains. Pour des gens “détruits”, comme dit Trump, leur réponse est bien loin de ce que veut faire vendre le président américain.
Il faut dire que depuis le premier jour de cette guerre, le locataire de la Maison Blanche ne cesse, à travers les médias et son réseau social, d’enchaîner les phrases aux phrases, les commentaires aux commentaires, les menaces aux menaces et les discours triomphalistes aux discours triomphalistes. A tel point qu’on a cette désagréable sensation que ses paroles ininterrompues font plus de bruit que les tonnes de bombes que son armée a larguées sur l’Iran.
Alors que le cessez-le-feu prendra aujourd’hui et qu’une nouvelle prolongation est hautement improbable, comme l’a indiqué Trump, ce conflit reste ouvert à toutes les probabilités et menace de faire des dégâts incommensurables à l’économie mondiale, où plusieurs pays finiront par réagir, car il y va de leur intérêt immédiat et de l’intérêt de leurs peuples. Et ce n’est pas son vacarme médiatique où il reste obsédé par vouloir imposer son seul narratif autour de cette guerre, qui changera quelque à cette dangereuse aventure qu’il a engagée en contradiction totale avec la légalité internationale et avec une légèreté plus que condamnable.

Par Abdelmadjid Blidi

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