Des développements dangereux
Le président américain, Donald Trump, est longuement revenu dans sa conférence de presse de lundi, sur l’opération de sauvetage de l’officier américain dont l’avion a été abattu en Iran, la qualifiant d” une opération de sauvetage historique”, indiquant avoir envoyé “ 21 avions et 200 hommes pour sauver un”, et rappelant que l’armée US ne laisse aucun soldat derrière elle.
Et même si on a eu droit, comme à l’habitude, dans chaque phrase aux fameux “formidable et fantastique”, Trump a néanmoins reconnu que l’opération était risquée et “ on aurait pu finir avec 100 hommes tués”, comme il a indiqué. Dans les détails, il a aussi informé que vu la nature du terrain de l’opération des appareils s’étaient enlisés et les militaires américains les ont fait exploser, démentant indirectement que ces avions ont été abattus par les forces iraniennes. Trump a en réalité exposé la puissance de l’armée américaine, ce que, au fond, personne ne conteste, car c’est effectivement la première puissance militaire au monde et sa technologie et sa puissance de feu n’a pas son égal ailleurs.
Mais ce qui interroge réellement ce n’est pas tant la puissance de l’armée américaine, mais la stratégie qui est menée dans cette guerre, où le locataire de la Maison Blanche avait affirmé à plusieurs reprises que l’Iran a été anéanti avant de donner, à chaque fois, des ultimatum aux responsables de ce pays pour capituler. Sauf que les Iraniens résistent toujours et sont loin de s’avouer vaincus.
D’ailleurs Trump a profité de la même conférence de presse pour annoncer que mardi soir à 20 heures, expire le délai qu’il avait décidé en vue d’amener l’Iran à conclure un accord, menaçant qu’en cas de refus l’Iran « tout entier pourrait être détruit en une seule nuit (4 heures avait-il précisé) et cette nuit pourrait bien être celle de demain ( hier mardi ndlr) ». Trump a indiqué qu’il n’hésiterait pas à cibler les centrales électriques et les ponts, qui sont pour rappel des objectifs civils. En quelque sorte, le président américain annonce ouvertement qu’il va commettre des crimes de guerre et qu’il n’a cure des recommandations de la Convention de Genève.
Et si Trump met à exécution ses menaces, l’Iran ne manquera pas de riposter, et cibler à tout va des cibles civiles notamment sur les pays du Golfe. Une escalade bien dangereuse dans ce conflit qui a déjà dépassé tous les seuils d’inquiétude exprimés jusque-là, et qui risque d’entrer à partir de ce mercredi dans l’embrasement général tant redouté. Le conflit a déjà basculé dans une autre dimension.
Par Abdelmadjid Blidi