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Il était le père de la chanson “El Khomri“ : l’artiste Karim Lahouari n’est plus

Le compositeur et chef d’orchestre Karim Lahouari, considéré comme l’une des figures emblématiques de la chanson oranaise moderne, s’est éteint à l’âge de 92 ans, a annoncé jeudi la direction de la culture et des arts de la wilaya d’Oran.

Le musicien, décédé mercredi, laisse derrière lui un héritage artistique dense, fruit de plusieurs décennies d’engagement au service de la musique algérienne.
Dès le début des années 1960, il s’impose comme un acteur central du paysage musical à Oran, notamment à travers son intégration, en 1963, à l’orchestre de la station régionale de la radio et de la télévision algériennes. Une expérience fondatrice qui marquera durablement sa trajectoire et contribuera à asseoir sa réputation. Au fil des années, Karim Houari s’est distingué par une approche musicale alliant rigueur classique et sens aigu de la modernité. Compositeur prolifique, il a su insuffler une nouvelle dynamique à la chanson oranaise, en enrichissant ses structures mélodiques et en affinant ses arrangements.
Son travail a largement contribué à faire évoluer les standards musicaux tout en préservant l’essence du patrimoine sonore algérien. L’artiste a également collaboré avec de nombreuses figures de la scène artistique, accompagnant aussi bien des poètes que des interprètes de renom.
Ces partenariats ont donné naissance à des œuvres devenues incontournables dans la mémoire collective. Parmi celles-ci figure notamment la chanson «El Khomri», interprétée par la regrettée Sabah Saghira, un titre qui a fortement contribué à la notoriété de la chanteuse et demeure aujourd’hui encore une référence.
Reconnu pour sa capacité à conjuguer authenticité et innovation, Karim Lahouari a su traverser les époques sans jamais rompre avec les racines de la musique algérienne.
Cette fidélité à l’identité culturelle, combinée à une ouverture artistique constante, lui a valu une reconnaissance unanime, tant auprès de ses pairs que du public. Sa disparition marque la perte d’un témoin privilégié de l’évolution musicale en Algérie, mais aussi celle d’un créateur dont l’empreinte continuera d’influencer les générations futures. Le défunt a été inhumé au cimetière d’Aïn El Beida, à Oran, où proches, artistes et simples citoyens lui ont rendu un dernier hommage.

Mohamed Aissaoui

 

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