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Industrie pharmaceutique : l’Algérie, un leader africain

Il y a lieu de souligner enfin qu’à travers le Siphal 2026 et ses stratégies industrielles, l’Algérie s’affirme comme un acteur majeur dans la région, conjuguant innovation, numérisation et développement industriel.

Le Palais des expositions des Pins maritimes a vibré hier, au rythme de l’innovation et de la compétitivité à l’occasion de la tenue du mercredi 4 au samedi 7 février de la 20e édition du Salon international de la pharmacie (Siphal 2026). Plus de 160 exposants, nationaux et étrangers ont pris part à l’événement qui a permis de mettre en lumière la dynamique croissante de l’industrie pharmaceutique algérienne, reconnue comme un pôle régional d’approvisionnement en médicaments de qualité. Yacine Louber, directeur du salon, a souligné que cette édition visait à encourager la coopération internationale et à promouvoir les innovations technologiques, essentielles pour renforcer la compétitivité du secteur.
La participation massive des acteurs du domaine témoigne de l’intérêt croissant pour le potentiel industriel algérien, qui, selon les chiffres officiels, couvre près de 83 % des besoins nationaux en médicaments grâce à une production locale en constante progression.
Ce salon trouve sa justification à travers la stratégie gouvernementale de modernisation et de numérisation du secteur. Lors d’une audition à l’Assemblée populaire nationale, le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, a présenté les grands axes de cette politique, notamment la réalisation d’une numérisation totale en 2026. Il s’agit de déployer un système numérique pour la gestion à distance des dossiers d’importation, d’enregistrement des produits, ainsi que l’intégration de la sérialisation des médicaments, garantissant ainsi leur traçabilité et leur authenticité. Il faut savoir également que la reconnaissance de l’OMS quant à la qualité des produits pharmaceutiques algériens a renforcé la position du pays comme un acteur régional incontournable.
Le ministre a indiqué qu’un plan opérationnel est en place pour accompagner les unités industrielles dans l’obtention de certifications internationales, en vue de favoriser l’exportation des médicaments. En attendant cette perspective, la facture d’importation a fortement diminué, passant de 1,25 milliard de dollars en 2022 à 515 millions de dollars en 2024, témoignant de l’efficacité de la politique de substitution aux importations. La capacité de production locale a également permis de faire doubler la valeur des exportations, qui ont atteint 23,15 millions de dollars en 2024, contre 6,12 millions en 2023, avec une croissance de plus de 300 %.
Ces indicateurs traduisent une amélioration notable de la compétitivité des produits algériens, renforcée par une industrie en pleine expansion.
Les progrès ne s’arrêtent pas là. Selon M. Kouidri, l’Algérie détient désormais 30 % de l’ensemble des usines pharmaceutiques africaines, avec 218 unités industrielles implantées sur le continent. La production nationale couvre environ 79 % des besoins du marché intérieur, ce qui a permis de réduire considérablement la dépendance aux importations. Toutefois, le secteur reste confronté à un défi majeur, celui de l’importation de 98 % des matières premières et fournitures médicales, ce qui motive l’initiative d’investir dans la fabrication locale de ces composants.
Dans cette optique, un projet stratégique est en cours d’étude pour établir une unité de production dans le sud, à Tamanrasset ou dans une autre wilaya, spécialisée dans les médicaments contre les maladies tropicales. Ce centre de fabrication permettra une réponse immédiate et efficace face à l’émergence de ces pathologies, souvent présentes dans les régions arides et isolées.
Il y a lieu de souligner enfin qu’à travers le Siphal 2026 et ses stratégies industrielles, l’Algérie s’affirme comme un acteur majeur dans la région, conjuguant innovation, numérisation et développement industriel. La dynamique enclenchée vise à assurer une autosuffisance accrue, à renforcer la position régionale et à ouvrir de nouveaux marchés, notamment africains, tout en garantissant la sécurité sanitaire et la qualité des médicaments pour ses citoyens.

Anissa Mesdouf

 

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