Evênement

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L’Algérie entre le blé et l’automobile

C’est aujourd’hui que le ministère de l’Industrie révèlera les fameuses listes des concessionnaires automobiles. Les Algériens, traditionnellement férus de mécanique, en témoigne le franc succès des Salons de l’auto des années 2000, risquent d’être un peu déçus à terme, en découvrant les prix des véhicules. Taxes, surtaxes et dévaluation du dinar placeront la voiture dans le rang des produits de luxe. Mais ne nous égarons pas beaucoup, l’automobile a encore de l’avenir en Algérie. Et pour cause le marché national n’a eu de cesse d’enfler entre 1998 et 2014, jusqu’à atteindre une croissance à deux chiffres. Il a progressé tellement vite que l’Algérie a figuré sur les tableaux de tous les constructeurs mondiaux, comme un marché de premier ordre. A ce propos un chiffre révélateur : plus de 5 milliards de dollars d’importation de véhicules prêts à l’emploi. Les industries européenne et asiatique se sont partagé le beau gâteau.
Mais là aussi, ne nous égarons pas et reconnaissons dans le secteur automobile, la France reste la destination première de l’Algérie officielle et de l’Algérie populaire. Car, il faut bien reconnaître que ce ne sont pas les autorités publiques qui obligent les Algériens à acheter français. Le marché était pendant des années ouvert et concurrentiel, mais cela n’a pas empêché les nôtre d’avoir un petit penchant pour le Made in France. Ce ne sera donc pas le petit peuple qui irait critiquer le gouvernement de choisir les céréaliers français pour approvisionner le marché local.
Il reste que cette coïncidence amène à s’intéresser d’un peu plus près aux relations entre l’Algérie et son ancien colonisateur et plus globalement avec le reste du monde. Sommes-nous réellement affranchis du poids de l’économie occidental 58 ans après notre indépendance ? La réponse est oui et non. D’abord oui, par ce que l’origine de l’argent qui nous permet d’acheter le blé et les automobiles est exclusivement le nôtre. Il l’est devenu suite à une décision politique très courageuse qui, au passage, a permis au pays de se relever après la décennie noire. Mais la réponse est également « non » puisque nous achetons encore presque tout. Nous avons récupéré toutes nos richesses pour les redistribuer en quelque sorte.
Bref, la situation n’est ni totalement noire ni totalement clean. Entre les deux, il y a sans doute beaucoup à faire. Et ce qu’il faut faire, c’est certainement mettre en place une véritable industrie automobile et une meilleure exploitation de nos terres pour produire suffisamment de blé pour ne plus dépendre des autres…
Nabil.G

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