Oran Aujourd'hui

L’avenir urbain de la ville : il n’est jamais trop tard pour bien faire…

En visite à Oran il y a trois semaines, le ministre des Ressources en eau avait donné des instructions pour améliorer durablement l’approvisionnement en eau potable dans la région. Le responsable du secteur avait exigé pour cela la réduction des arrêts techniques, une coordination efficace entre les services concernés et la mise en œuvre d’une approche de gestion anticipative permettant d’assurer la continuité de l’alimentation des ménages en eau potable. Au cours de l’année 2025, les Oranais, à travers bon nombre de quartiers et de communes, ont connu des coupures d’eau plus ou moins longues dans leurs robinets.
Des «perturbations» dit-on pudiquement, qui affectent parfois sévèrement le cours de la vie quotidienne des habitants perturbés par les arrêts intempestifs de l’alimentation en eau potables et le retour aux corvées de remplissage des jerricans et de l’achat d’eau douce chez les colporteurs.
Malgré les efforts et les crédits colossaux affectés par l’Etat au renforcement des sources d’approvisionnement par les usines de dessalement et les forages, l’arrivée de l’eau aux robinets des ménages reste encore conditionnée par l’état des lieux des réseaux de canalisation et des installations. Les pannes techniques trop fréquentes, les travaux de réparation et de maintenance sur des équipements, des conduites principales ou de vieilles canalisations ne cessent de provoquer des arrêts de l’écoulement d’eau pour des interventions.
Ce qui pénalise parfois la crédibilité et l’impact social des grands investissements engagés dans les projets de nouvelles adductions telles que le fameux couloir MAO ou les stations de dessalement d’eau de mer de Bethioua et de Cap Blanc. Selon tous les observateurs, il devient aujourd’hui vital et urgent de réduire la fréquence et la durée des arrêts de distribution d’eau suite à des pannes techniques et des réparations.
Ce qui implique forcément une éradication de tous les «points noirs» fragilisant le réseau et les installations. L’accès continu et durable à l’eau potable étant une priorité et un enjeu majeur, il est évidemment important et nécessaire de renforcer et de diversifier les infrastructures et les sources de livraison, barrages, retenues collinaires, forages et stations de dessalement. Mais il est tout aussi urgent de réparer et de maintenir en bon état les équipements et les canalisations principales et secondaires des réseaux d’adduction et de distribution. Les Oranais se souviennent qu’au tout début des années 2000, un grand projet de réparation et de rénovation de tout le vieux réseau de distribution d’eau potable à travers le tissu urbain de la ville avait été annoncé et soit disant lancé par les autorités locales de l’époque.
Un projet d’envergure confié dans un premier temps à une société française, puis à un partenaire espagnol avant d’être repris en charge par la SEOR, la société oranaise de gestion de l’alimentation en eau potable. Mais le laxisme, les improvisations et le manque de transparence de l’ancien mode de gestion des affaires locales ne pouvait à l’époque que favoriser l’échec et le renoncement dans la construction de l’avenir urbain de la ville dans bon nombre de secteurs. Il n’est jamais trop tard pour bien faire…

Par S.Benali

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page