EDITO

Le chaos permanent

Le ton menaçant et guerrier entre les Américains et les Iraniens domine. Plus que l’affrontement guerrier, ce sont des menaces de mort ciblées que lancent les uns et les autres. Et peu importe comment cela se fera et se réalisera concrètement sur le terrain, il n’en demeure pas moins qu’une étape de plus vient d’être franchie dans ce conflit qui ne semble pas prêt de prendre fin.
Trump a fait monter le curseur depuis sa participation au sommet de l’Otan en Turquie, où il a informé les journalistes qui l’accompagnaient à bord de l’avion présidentiel Air Force One ( qui pour information a été changé en cours de trajet), qu’il était personnellement menacé de mort par les Iraniens.
Et au même Trump d’enchaîner depuis la Maison Blanche, que cette fois, il n’hésitera pas à anéantir l’Iran, indiquant que «les ordres ont déjà été donnés, et l’armée américaine est prête, disposée et capable, pendant une période d’un an, susceptible d’être prolongée, de décimer et de détruire complètement toutes les régions d’Iran», ajoutant sur son réseau social Truth Social que «1.000 missiles sont prêts à tirer et pointés vers la République islamique d’Iran», avec «des milliers d’autres à disposition”.
Côté iranien, le ton n’est pas moins menaçant, et il est venu cette fois du nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, qui a indiqué que la mort de son père et ancien guide suprême, Ali Khamenei, tué avec d’autres hauts responsables le premier jour de la guerre, sera vengée. Les termes utilisés sont puissants et supposent une détermination qui veut aller au bout de la sentence.»Je dis à notre guide martyr que nous jurons de venger son sang pur et celui de tous les martyrs de ces deux guerres, versé par des assassins criminels et déshonorants. Cette vengeance est la volonté de notre nation et elle doit s’accomplir, inévitablement. Ces criminels, dont les noms figurent sur une liste, emporteront dans leur tombe le souhait d’une mort paisible dans leur lit». Et pour ceux qui connaissent un peu le culte chiite, les fatwas prononcées par les guides sont très sérieuses. Il suffit pour cela de se rappeler la fatwa prononcée par l’imam Khomeini contre l’écrivain Salman Roshdi.
Ainsi les choses sont bien loin de la détente qui avait suivi le protocole d’accord du 17 juin dernier, où les Américains s’étaient engagés, entre autres, à suspendre les sanctions contre le pétrole iranien, et où les Iraniens ont grandement allégé le blocus du détroit d’Ormuz. Mais depuis beaucoup d’eau à coulé sous les ponts, et beaucoup de bombes ont explosé. La guerre semble s’installer dans le temps et la région dans le chaos permanent.

Par Abdelmadjid Blidi

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