Le délit d’occupation illégale du domaine public : une nouvelle approche de la lutte contre la prolifération des bidonvilles
Plus d’une trentaine de constructions illicites et pas moins de 104 fondations en cours de construction ont été rasées dimanche dernier au lieu-dit «Châteaux», dans le secteur urbain Bouamama de la commune d’Oran. Une grande opération de démolition menée par les agents des divisions communales assistés par des éléments de la gendarmerie nationale et supervisée le chef de daïra. cette opération entre dans le cadre des «orientations et instructions données par le wali d’Oran en vue de lutter contre les dérives et transgressions en matière d’occupation du domaine public par des habitations érigées illicitement sans aucune autorisation».
Une pratique qui constitue désormais un délit puni par la loi et qui faisant l’objet d’instructions claires et fermes données aux maires et aux chefs de daïra appelés à lutter contre le fléau. Depuis quelque temps, les récents wali en poste à Oran avaient pris l’initiative d’installer au niveau de leur cabinet une cellule spéciale de protection de l’environnement et du cadre urbain qui ne cesse de recenser et de repérer les habitations illicites et les «points noirs» signalés à travers les quartiers et les communes. «Une sorte de deuxième mairie» soulignent des mauvaises langues locales qui applaudissent l’initiative tout en se demandant pourquoi les gestionnaires et élus communaux concernés semblent encore bénéficier d’une sorte d’impunité face aux échecs, retards et fuites de responsabilité constatées dans la prise en charge de leurs missions élémentaires, dont l’entretien et la maintenance du cadre de vie collectif sur le territoire communal.
Cette commission de l’environnement instituée au niveau de la wilaya ne cesse depuis quelque temps de déclencher diverses opérations, campagnes de nettoiement, de désherbage, de peinture de trottoirs et d’embellissement, et surtout de démolition de constructions illicites. Durant ces cinq derniers mois de l’année en cours, dans la commune d’Oran, on compte une bonne vingtaine de petites et grandes opérations de démolition.
Notamment celle concernant la démolition d’une dizaine de fondations et constructions illicites érigées au quartier de Benarba et à Haï Bouamama, ainsi que la démolition d’une quinzaine de constructions précaires implantées sur le domaine forestier surplombant le quartier de Sidi El Houari. Construites en murs de parpaings sur des fondations en béton et avec une toiture en tôle ondulée, ces habitations illicites sont rapidement achevées et le plus souvent payées à l’avance à des courtiers du foncier par des familles en quête d’un logement social par le biais du recasement des mal-logés occupant un bidonville ou un vieux bâti menaçant ruine.
Selon des sources concernées, plus de 200 habitations illicites ont été démolies sur le territoire du Grand Oran durant ces deux dernières années. Un bilan qui reste encore insuffisant pour inverser, ou au moins stopper, la courbe croissante des implantations de constructions sauvages portant atteinte au patrimoine public et à l’image urbaine de la ville.
Un fléau qui reste paradoxalement encouragé par l’essor économique, industriel et urbain de la capitale oranaise, une ville de plus en plus attractive…
Par S.Benali