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Le difficile challenge du pouvoir d’achat

L’annonce, il y a quelques jours par le Premier ministre du dégel des promotions au sein de fonction publique, les assurances formulées par le président de la République lors du Conseil des ministres d’avant-hier et les mesures concrètes en direction de l’ensemble des franges de la société durant les trois dernières années, plaident clairement en faveur d’une détermination des plus hautes autorités de l’Etat à sauvegarder autant que faire se peut le pouvoir d’achat des Algériens. Il est entendu, au vu de l’inflation qui sévit aux quatre coins de la planète, se mesurant à deux chiffres pour des pays dits solides, industrialisés et productifs, que le maintien de la hausse des indices des prix à la consommation autour de 10 % est un véritable défi relevé par l’exécutif.

L’Algérie partage ce niveau de maîtrise avec quelques pays se comptant sur les doigts d’une seule main. Cet exploit, relativisé par certaines mauvaises langues, n’en n’est pas moins une réalité palpable. Que l’Algérien continue à payer son pain, son lait, son huile, son électricité au même prix qu’avant la pandémie de la Covid-19 et la guerre en Ukraine est en soi un miracle, compte tenu des circonstances qui prévalent dans le monde.

Le discours pleinement assumé par le Premier ministre concernant les dépenses publiques et notamment le chapitre salarial confirme donc la tendance du gouvernement à satisfaire les revendications des fonctionnaires qui voudraient rattraper les quelques points de pouvoir d’achat perdus en raison de l’inflation. C’est dire que l’exécutif n’est pas dans une posture triomphaliste en raison de résultats obtenus et qui sont parmi les plus intéressants comparativement à plein d’autre nations. L’objectif est de poursuivre les efforts pour consolider le pouvoir d’achat et l’augmenter le plus tôt possible.

Le discours du président de la République et celui du Premier ministre se veulent pragmatiques et loin de tout populisme. Il est, disons-le, sensé et admet que le salariat national a véritablement besoin d’être conforté si l’on entend se diriger vers un ciblage des subventions, sans pour autant désavantager une frange de la société. Le président de la République l’a d’ailleurs souligné à sa prise de fonction et promis, dans un premier temps, de relever les salaires de 48% avant le fin de son mandat.

Dans cette démarche proactive qui précède les revendications syndicales, il y a sans doute le souci d’éviter toute tension sur le front social, dont le résultat sera de retarder le double processus de diversification de l’économie et de débureaucratisation de l’administration. A ce jour, force est d’admettre que l’exécutif a su négocier les nombreux virages sociaux et économiques, mais reconnaît tout de même la fragilité de l’édifice, tant que l’économie demeure encore majoritairement dépendante des hydrocarbures. Le défi historique sera de sortire de cette dépendance…

Par Nabil.G

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