A la une

Le Haut conseil scientifique de la diaspora tient sa première réunion : l’Algérie mise sur ses compétences établies à l’étranger

Des scientifiques algériens de renom établis dans différents pays et connus dans leurs domaines respectifs, ont été réunis, hier, à Alger, sous la présidence du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, pour les travaux de la première réunion du Haut conseil de la communauté scientifique nationale à l’étranger

Les travaux de la première réunion sont en application des dispositions du décret présidentiel n° 26-293 du 25 Rabie El-Aouel 1448, correspondant au 7 septembre 2026, portant création de cette haute instance consultative placée directement auprès du président de la République. Cette instance, dotée de la personnalité morale et de l’autonomie financière dont le siège est établi dans la wilaya d’Alger, est appelée à renforcer la contribution des compétences algériennes établies à l’étranger au développement scientifique, technologique et économique du pays. Sa création vise notamment à mettre en place un cadre institutionnel permanent permettant de mobiliser les compétences scientifiques et technologiques algériennes établies à l’étranger et de les associer davantage aux efforts de développement national.

Dans son allocution d’orientation prononcée lors de la séance d’ouverture, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a salué le haut esprit patriotique des compétences et des scientifiques algériens établis à l’étranger, qui ont répondu à l’appel de la patrie afin de contribuer à l’édification de son développement scientifique et économique, selon un communiqué du ministère. M. Baddari a souligné que la création de ce Conseil traduit la volonté politique du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, d’établir des cadres organisationnels et permanents permettant de faire des compétences algériennes présentes dans différents pays du monde un partenaire actif dans le processus de développement national. Selon le ministre, cette démarche vise à créer des mécanismes permettant de mieux valoriser l’expertise et les connaissances accumulées par les scientifiques, chercheurs et experts algériens évoluant à l’étranger, en les intégrant davantage dans les différentes dynamiques nationales liées à l’enseignement supérieur, à la recherche scientifique, à l’innovation et au développement technologique.

Le Haut conseil devra ainsi contribuer à renforcer les liens entre les compétences algériennes établies à l’étranger et le système national de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation. Il aura également pour mission de fournir des avis et des orientations dans les domaines scientifique et technologique, tout en accompagnant la transition rapide et efficace vers une économie fondée sur la connaissance et le développement des technologies modernes. M. Baddari a insisté dans ce sillage sur la nécessité de faire évoluer les relations avec les compétences nationales établies à l’étranger. « L’objectif de la création de ce Conseil est de passer de relations ponctuelles et de contacts dispersés à un partenariat institutionnel permanent », a-t-il souligné.

Cette approche doit permettre, selon le ministre, d’inscrire la coopération avec les scientifiques et experts algériens de l’étranger dans un cadre durable, structuré et organisé, afin de mieux tirer profit de leurs expériences et de leurs compétences dans les domaines stratégiques pour le pays. Le ministre a également relevé que l’Algérie dispose d’un important vivier de compétences et d’expertises de dimension internationale, susceptible de donner une forte impulsion au processus de modernisation institutionnelle et technologique du pays. La mobilisation de ces compétences représente ainsi un levier dans plusieurs secteurs liés à l’innovation, à la recherche scientifique, aux nouvelles technologies, à l’économie de la connaissance et au développement des projets à forte valeur ajoutée.

Elias Zerhouni présente les missions stratégiques du Conseil

De son côté, le coordinateur du Haut conseil de la communauté scientifique nationale à l’étranger, le professeur Elias Zerhouni, a présenté, dans son intervention, les différentes dimensions des missions stratégiques confiées à cette nouvelle instance. Il a indiqué que le Conseil s’attellera notamment à formuler des propositions et des visions concernant les projets d’importance nationale et à évaluer leur pertinence scientifique et technologique. L’instance contribuera également à la dynamique de développement national, à l’échange des connaissances et à la veille stratégique dans le domaine des technologies avancées ou en cours de développement. Elle aura aussi vocation à renforcer le dialogue scientifique national et international autour des questions d’actualité et des grands enjeux scientifiques et technologiques. À travers ces missions, le Conseil devrait constituer un espace de réflexion et d’expertise destiné à rapprocher les compétences scientifiques nationales établies à l’étranger des institutions, universités, centres de recherche et acteurs économiques nationaux.

La première session, qualifiée d’historique, a enregistré la présence du président du Conseil et de 28 membres composant l’Assemblée générale. Parmi eux figurent 27 scientifiques et experts issus de la communauté algérienne à l’étranger, sélectionnés en fonction de leur rayonnement scientifique international ainsi que de leurs domaines de spécialisation stratégique. La composition du Conseil comprend également six représentants de secteurs ministériels stratégiques et trois dirigeants d’entreprises économiques établies à l’étranger et actives dans le domaine de la recherche et du développement. Cette configuration vise à favoriser une approche multidisciplinaire et à rapprocher l’expertise scientifique des besoins des différents secteurs nationaux. La participation de représentants des secteurs ministériels et du monde économique doit également permettre de faciliter l’identification des projets prioritaires et d’encourager la transformation des connaissances et de la recherche scientifique en solutions concrètes susceptibles de contribuer au développement du pays.

Au cours de cette première session, les participants examinent et élaborent le règlement intérieur du Conseil en vue de son adoption. Les travaux portent également sur la définition de l’ordre du jour, la mise en place des commissions spécialisées et l’élaboration du plan de travail annuel destiné à coordonner les efforts et à assurer le suivi des différents dossiers relevant des missions du Conseil. Les participants doivent également examiner les mécanismes permettant d’identifier et d’étudier les projets présentant une importance particulière pour le pays, notamment ceux nécessitant une expertise scientifique, technologique ou internationale. L’objectif est d’instaurer une méthode de travail permettant au Conseil de jouer pleinement son rôle consultatif et de contribuer à l’évaluation scientifique et technologique des projets stratégiques.

Des recommandations et rapports transmis à la présidence de la République

Les travaux du Haut conseil devraient être sanctionnés par des recommandations, des études et des rapports annuels exhaustifs, qui seront directement transmis à la présidence de la République. Ces documents devront notamment contribuer à l’évaluation de la pertinence scientifique et technologique des grands projets et à l’orientation des politiques publiques dans le sens d’un développement durable du pays. La nouvelle instance est ainsi appelée à jouer un rôle dans la réflexion stratégique autour des grandes orientations scientifiques et technologiques, en mettant à profit l’expertise de scientifiques et de chercheurs algériens ayant acquis une expérience internationale.

À souligner qu’en prélude à la première réunion d’hier, M. Baddari, avait rencontré, samedi soir à Alger, le coordinateur de cette instance, le Pr Elias Zerhouni. Cette rencontre avait permis aux deux responsables d’évoquer notamment la situation et le programme de développement du Centre des technologies et de l’innovation pour les systèmes éducatifs virtuels (TIVES). Les discussions autour de ce centre s’inscrivent dans le contexte de la transformation numérique du secteur de l’enseignement supérieur et de la nécessité de développer des solutions technologiques adaptées aux nouveaux besoins des systèmes éducatifs.

Mohand S

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page