Le poids de l’Algérie au Sahel
Le poids de l’Algérie au Sahel
Le Premier ministre nigérien a dit en substance à l’Onu que l’Algérie a ouvert les yeux aux dirigeants de son pays et ceux des voisins du Sahel. Dans cette région du monde caractérisée par la grande richesse de son sous-sol et la grande pauvreté des populations qui y vivent, la logique des partenariats régionaux s’impose comme une réponse autant stratégique que symbolique. C’est là la leçon algérienne. En quelques mois une véritable dynamique de partenariat d’égal à égal est née à l’initiative de l’Algérie que les pays du Sahel en ont saisi l’importance. Et pour cause, au cœur de cette dynamique, les projets d’infrastructures et d’énergie jouent un rôle pivot. Ils ne sont pas que des indicateurs de performance économique. En cela l’Algérie a su transmettre le message portant sur des initiatives qui drainent une promesse de rééquilibrage des rapports de force. Elles offrent aux pays concernés des outils concrets pour gagner en autonomie. Un gazoduc transfrontalier, une route transsaharienne ou une centrale électrique tissent une cartographie politique où les liens de dépendance ne se réduisent pas à l’import/export, mais deviennent des liens de sécurité, d’échange et de dialogue politique durable. Dans ce cadre, la coopération technique et le partage des ressources peuvent devenir des vecteurs de stabilité. C’est le gage apporté par Alger.
Il reste que la démarche n’est pas une fin en soi. Elle poursuit un objectif stratégique, celui d’intégrer le Sahel dans la chaîne des valeurs mondiale. Pour se faire, de gros défis sont aux portes des pays et le plus important consiste à transformer les ambitions régionales en résultats tangibles pour les populations. Une croissance économique qui ne profite qu’aux multinationales n’en n’est pas une. C’est une conviction algérienne partagée par les élites africaines. Cela passe par des investissements qui bénéficient directement aux habitants. L’accès à l’électricité fiable et abordable, formation et emplois dans les secteurs clefs, services publics de qualité, et une éducation qui outille les jeunes générations pour penser et agir au-delà des contraintes présentes, sont autant de jalons dont il ne faut surtout pas en oublier l’utilité pour l’ensemble de la communauté sahélienne. En un mot comme en mille, il ne faut pas se laisser impressionner par les discours occidentaux sur les profits immédiats. La principale recommandation de l’Algérie à ses voisins du sud tient à donner aux communautés locales les moyens de s’inscrire dans une dynamique de développement qui ne dépend ni des caprices des marchés mondiaux ni des caprices des agendas diplomatiques. Le combat pour le développement est d’abord une épreuve morale autant que politique. Le message de l’Algérie est cela, en sus d’une approche qui met l’action collective, dans le respect des souverainetés et des dignités, comme axe de travail prioritaire.