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Le ministre français des Affaires étrangères aujourd’hui à Alger : reprise du dialogue entre Alger et Paris

Le ministre français des Affaires étrangères vient dans le cadre d’un dialogue « d’égal à égal » entre Alger et Paris, d’ailleurs précisé lors de l’entretien téléphonique qu’il a eu avec son homologue algérien Ahmed Attaf.

La mission du ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, à Alger, qui précède la visite de son collègue Gerald Darmanin, ministre de la Justice, intervient dans un contexte bilatéral quelque peu chahuté par des déclarations intempestives de l’extrême droite française. Mais il semble que l’acharnement dont a fait montre le ministre français de l’Intérieur, ont été très largement réduits, au lendemain de la communication téléphonique entre les Présidents Tebboune et Macron. C’est d’ailleurs à l’occasion de cette prise de contact que la date de la visite de M.Barrot a été fixée par les deux chefs d’Etat. Il convient de rappeler que Abdelmadjid Tebboune et Emmanuel Macron ont déjà défriché le terrain et identifié les dossiers qu’aborderont aujourd’hui les ministres des Affaires étrangères, algérien et français. Ahmed Attaf et son homologue français discuteront de migration, de coopération judiciaire et sécuritaire, de mémoire, ainsi que de la coopération commerciale et économique, dit-on affectée par la crise diplomatique de ces derniers mois.
Cette reprise du dialogue, au plus haut niveau entre Alger et Paris, a eu le mérite d’éloigner les parasites politiques français qui ont tenté de tirer profit d’une mésentente pour faire passer un agenda électoral interne à un parti de droite en France, ainsi que sur la perspective de l’élection présidentielle de 2027. Même si l’enthousiasme n’est pas encore véritablement au rendrez-vous, on retiendra une volonté des deux parties de réactiver la Déclaration d’Alger, signée par les deux présidents en 2022. Il reste néanmoins indéniable que le président Emmanuel Macron a fait avancer le dossier mémoriel, même si cela se révèle encore insuffisant. A ce propos le communiqué de la présidence de la République sanctionnant la communication téléphonique entre MM.Tebboune et Macron a souligné ces avancées concernant l’histoire partagée des deux nations qui ont ouvert la voie à la reconnaissance des méfaits de la colonisation française, en instituant la commission mixte d’historiens algériens et français, chargée d’établir la vérité sur la colonisation française en Algérie.
Le ministre français des Affaires étrangères vient dans le cadre d’un dialogue « d’égal à égal» entre Alger et Paris, d’ailleurs précisé lors de l’entretien téléphonique qu’il a eu avec son homologue algérien Ahmed Attaf. Il faut dire que la France sous Emmanuel Macron ne semble plus ressentir de complexe vis-à-vis de son ancienne colonie et ne considère plus ses relations avec l’Algérie à travers le prisme étroit et paternaliste du colonisateur regrettant la perte de son « paradis sur terre». Et c’est cela qui gène l’extrême droite. L’on est donc dans une séquence de la relation algéro-française où il est possible d’aborder sans complexe la question de l’Histoire. Le débat qui a divisé la société française sur les crimes coloniaux permet, lorsque les interlocuteurs algériens et français ne sont animés d’aucune arrière pensée, de dépolitiser le dossier mémoriel. Aussi, M.Barrot peut ainsi être rassuré quant à sa mission en Algérie, étant donné qu’aucune voix discordante provenant de l’Élysée, de Matignon ou du Quai d’Orsay ne viendra entraver son travail.
Enfin, il est important de souligner que les relations entre États reposent avant tout sur des intérêts mutuels. Les sujet que les deux ministres , algérien et français, auront à aborder trouveront certainement un terrain d’entente. Ce qui calmera un climat politique désormais plus serein qu’auparavant. Cette période constitue une belle opportunité pour avancer et remporter une bataille décisive contre les nostalgiques de l’Algérie française, mais aussi faire ressortir les énergies communes à même de développer une coopération économique fructueuse entre les deux pays.

Yahia Bourit

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