Oran Aujourd'hui

«Marché de la Bastille» : une plaie urbaine ?

A l’heure où les médias évoquent une heureuse intensification des efforts et des actions en matière d’amélioration du cadre de vie des citoyens à travers un vaste programme de modernisation urbaine, bon nombre d’habitants, notamment au centre ville, se demandent toujours pourquoi leur marché de proximité, celui dit de «La bastille», reste transformé en un véritable site d’insalubrité, inondé par les déchets abandonnés, les eaux usées stagnantes et même, selon des riverains, en lieu de prolifération de rats.
Une image et une situation devenue insoutenable. Annoncé il y a plus de trente ans comme étant inscrit dans un grand projet d’aménagement urbain et de réhabilitation lui permettant de retrouver fraîcheur, propreté, et modernité, le marché de la rue des Aurès, ex-la Bastille, offre toujours aux habitants et aux visiteurs le décor lamentable des détritus jonchant le sol, de la saleté, de la chaussée grisâtre, des odeurs désagréables qui accueillent les clients. A défaut de ramassage régulier et de manque de civisme de certains commerçants, le marché offre chaque jour un spectacle honteux et de la ville d’Oran en quête de statut de métropole belle et moderne.
Plus choquant encore, les flaques d’eaux usées stagnantes à plusieurs endroits, forment un terrain favorable à la prolifération des moustiques et à la clochardisation. Bon nombre d’observateurs avisés soulignent que ce marché constitue aujourd’hui un véritable danger pour la santé publique. Et sur les réseaux sociaux, nombreux sont ceux qui dénoncent cette situation hideuse, provoquée et entretenue disent certains, par le laxisme et le renoncement coupable d’anciens acteurs en charge de la gestion et du fonctionnement du cadre urbain et des marchés de proximité.
La rue des Aurès n’a pas cessé depuis des années d’alimenter les critiques, les polémiques et souvent le marasme et la colère des gérants de magasin et des résidents le long de cette ruelle commerçante très fréquentée. En moyenne tous les cinq ans, depuis près de trente ans, des pétitions sont adressées aux responsables locaux pour dénoncer l’anarchie et mettre un terme à la clochardisation de cette rue emblématique du centre ville. Les propriétaires de tables de fruits et légumes du marché de la Bastille, rue des Aurès, qui ont refusé de quitter temporairement les lieux pour permettre le lancement des travaux d’aménagement et d’amélioration urbaine, sont connus pour leur «mobilisation et forte pression» empêchant la mise en œuvre des initiatives des autorités locales.
On se souvient qu’un grand projet de réhabilitation de la rue de la Bastille avait été étudié et annoncé il y a plus d’une vingtaine d’années, visant à rénover les façades des immeubles, à réparer les réseaux d’assainissement et à embellir et moderniser l’organisation et le fonctionnement de cet espace surchargé par les marchands légaux et illicites, les tables et les «présentoirs» de fortune accentuant la laideur et la régression. Un ancien maire d’Oran avait même l’ambition de transformer la rue des Aurès en marché moderne de proximité, dit « marché parisien», propre et agréable, permettant à la rue de la Bastille rénovée de retrouver son lustre d’antan. Mais trop de réticences au progrès et au changement allaient, à ce jour, empêcher la concrétisation de cette action. Jusqu’à quand?
Par S.Benali

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