
Prévisions météorologiques en Algérie durant les prochaines décennies : un climat plus chaud et une pluviométrie imprévisible
Le climat en Algérie connaîtra, au cours des prochaines décennies,
une évolution marquée par des phénomènes de plus en plus extrêmes, tant sur le plan des températures que de la pluviométrie.
C’est ce qu’a affirmé, hier, le Directeur de l’exploitation météorologique à l’Office national de météorologie (ONM), Sid Ahmed Hammadi.S’appuyant sur une étude réalisée par Météo Algérie, ainsi que sur des projections issues de modèles climatiques internationaux, notamment ceux utilisés par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), le responsable a indiqué que le réchauffement du pays se poursuivra de manière inévitable. « L’Algérie va continuer à se réchauffer au cours des prochaines décennies, quel que soit le scénario envisagé », a-t-il assuré. Invité de la Chaîne 3 de la Radio algérienne, M. Hammadi a affirmé que le climat futur du pays sera caractérisé par une hausse notable des températures et par une pluviométrie de plus en plus imprévisible.
« Le climat futur en Algérie sera un climat plus chaud, plus extrême, avec une pluie plus imprévisible », a-t-il déclaré, soulignant l’importance des projections climatiques pour anticiper ces évolutions. Grâce aux modèles de simulation, il est désormais possible de prévoir l’évolution des températures et des précipitations à moyen et long terme, à l’horizon 2030, 2050, voire jusqu’à 2100. Concernant les températures, l’intervenant a fait état d’une hausse inévitable, particulièrement marquée durant la saison estivale. « Il y aura une augmentation significative des températures nocturnes. On va aller vers des températures comprises entre +5,9 et +6,9 °C par rapport à la normale », a-t-il précisé.
S’agissant de la pluviométrie, il a expliqué que la baisse ne sera ni régulière ni uniforme. « Le modèle montre surtout une forte variabilité, avec une irrégularité marquée des pluies », a-t-il ajouté. Abordant la situation météorologique actuelle, le Directeur de l’exploitation météorologique a indiqué que le mauvais temps devrait persister au cours de la semaine en cours, à l’instar des précédentes. Plusieurs régions seront concernées par une succession de perturbations, notamment l’ensemble des régions nord du pays ainsi que le nord du Sahara, en particulier les régions de Béchar et de Béni Abbès. M. Hammadi a également annoncé l’émission, depuis hier, d’un bulletin météorologique spécial (BMS).
Celui-ci concernera les régions côtières de l’Est et du centre-Est, notamment les wilayas de Skikda et de Jijel, où des quantités de pluie comprises entre 50 et 70 mm sont attendues localement, en particulier sur le littoral de la wilaya de Skikda. « Il faut s’attendre aussi à des vents violents sur l’ensemble des côtes algériennes », a-t-il averti. Interrogé sur les risques d’inondations et les moyens de les prévenir, l’expert a rappelé que l’homme n’a aucun pouvoir sur les phénomènes naturels et qu’il subit, de ce fait, les aléas météorologiques, qu’il s’agisse de pluies diluviennes ou de vagues de chaleur et de froid extrêmes. Toutefois, il a estimé que les dégâts liés aux inondations peuvent être limités, voire évités, à travers une meilleure planification, une adaptation adéquate, la sensibilisation des citoyens, une préparation rigoureuse, une gestion proactive et le renforcement du système d’alerte précoce contre les inondations.
Mohand .S



