Oran Aujourd'hui

Ramadhan 2026 : les premiers préparatifs annoncés

Comme chaque année à l’approche du mois sacré du Ramadhan , les annonces et instructions diverses se multiplient visant à prévenir la flambée des prix et à assurer un approvisionnement normal et régulier en produits alimentaires de première nécessité. Dans ce cadre, la direction locale du commerce a annoncé la semaine dernière la mise en service de 10 marchés de proximité répartis à travers l’ensemble des communes de la wilaya.
A priori, une petite dizaine de points de vente dits de proximité pour les 26 communes et les nombreux sites d’habitat ne sauraient suffire à pallier efficacement aux contraintes et les dysfonctionnements du système d’approvisionnement des circuits commerciaux en produits de grande consommation durant le mois de Ramadhan. Selon les responsables concernés, ces 10 marchés de proximité qui seront mis en place «permettront de faire face aux tensions cycliques observées sur les marchés à l’approche et tout au long du mois sacré».
Pourquoi alors, se demandent quelques mauvaises langues locales, ne pas avoir mis en œuvre de façon permanente et durable cette «solution de régulation commerciale» qualifiée de stratégique par les autorités locales ? On sait que la stabilisation des prix, la lutte contre la spéculation et les tricheries, la préservation du pouvoir d’achat et la protection sanitaire des consommateurs contre les produits périmés ou avariés mis en vente sont inscrits dans les objectifs prioritaires des pouvoirs publics. A Oran, comme sans doute ailleurs, des opérations de saisies d’importantes quantités de viande blanche et de denrées impropres à la consommation sont régulièrement annoncées par les médias, illustrant s’il le fallait la vigilance et les efforts des services de contrôle concernés.
Mais en matière d’organisation de la chaîne globale de distribution des produits alimentaires, notamment les viandes, laitages et fruits et légumes, beaucoup reste à faire et à réorganiser estiment les observateurs avisés. Le dossier de gestion des anciens marchés de quartier désertés par les marchands bénéficiaires d’une affectation communale, reste toujours sur la table des décideurs locaux en quête de solution pérenne et durable. La forte augmentation des candidats au commerce ambulant et informel qui occupent des trottoirs et parfois même des ruelles entières, ne pouvait qu’accentuer le désordre commercial nourri par les concurrences déloyales et le non-respect des règles urbaines élémentaires.
On se souvient que certains anciens wali avaient courageusement pris l’initiative d’imposer aux marchands de fruits et légumes leur retour au marché couvert ou leur installation dans un étal d’un nouveau marché aménagé. Des marchés municipaux de proximité censés permettre aux citoyens d’avoir accès à des prix de vente réglementés et encadrés. Malheureusement, notamment à l’approche et durant le mois de Ramadhan, les citoyens-consommateurs assistent impuissant à des hausses vertigineuses de certaines denrées.
Des dérèglements causés le plus souvent par les effets de la spéculation et la multiplication des intermédiaires, notamment pour certaines denrées de base telles que la semoule, la farine, les huiles alimentaires, le sucre, le lait ainsi que les viandes rouges et blanches.
La décision de mettre en place à travers la wilaya une dizaine de marchés dits de proximité, soumis à un suivi rigoureux permettant de garantir la conformité des prix et d’éviter toute dérives, est évidemment une initiative à applaudir et à soutenir, même si elle reste insuffisante à couvrir les besoins et la demande de toute la collectivité sur l’ensemble du territoire de la wilaya.

Par S.Benali

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