EDITO

Rapprocher la santé de tous les citoyens

Développer une région enclavée, c’est y apporter de l’eau, de l’électricité, de l’emploi pour favoriser l’implantation de communautés humaines. Il n’y a pas de doute sur ces urgences, d’autant que les régions dont il est question, sont intrinsèquement riches en minéraux et constituent donc le cœur battant de l’économie nationale dans un futur immédiat. L’Etat s’y attelle, à bien suivre son déploiement dans le grand sud du pays. Et là où il ne peut y avoir de divergence, c’est bien dans le domaine de la santé. A ce propos, les déclarations, hier, du ministre de la Santé à partir d’Adrar, confirment l’importance capitale d’amener la santé au plus profond du territoire national. C’est tout autant impératif qu’éminemment urgent, si l’on veut effectivement donner au Sahara une destinée économique stratégique. En insistant sur la poursuite du renforcement des infrastructures et des services, le ministre affiche une volonté claire de rapprocher la santé de tous les citoyens, indépendamment de leur localisation géographique.
Le focus sur les pôles sanitaires d’excellence, la digitalisation accrue et la modernisation des équipements, traduit une vision ambitieuse mais nécessaire. La création d’un hôpital de 120 lits à Reggane, le raccordement des établissements au réseau de fibre optique, ainsi que le développement de services spécialisés comme la cardiologie interventionnelle ou la transplantation rénale, témoignent d’un engagement tangible à réduire les inégalités en matière d’accès aux soins, mais aussi à donner toutes ses chances au développement effectif du grand sud algérien.
Au-delà des investissements matériels, cette démarche s’inscrit dans une logique de réforme profonde, visant à réorganiser les ressources humaines et à introduire de nouvelles spécialités, notamment la médecine nucléaire au cœur des territoires, autrefois quelque peu marginalisés. Elle montre une volonté d’adapter l’offre de soins aux besoins spécifiques des populations du Sud, tout en mettant en œuvre une politique de partenariat avec des établissements de référence comme le CHU Mustapha-Pacha.
Ce renouveau doit cependant s’inscrire dans une démarche cohérente, pérenne et participative, afin de garantir que ces investissements profitent réellement aux populations. La priorité doit rester la proximité, la qualité des soins, et le respect des droits de chaque citoyen à une santé accessible et efficace. En somme, ces initiatives illustrent une volonté politique forte de rehausser les standards de soins dans le sud du pays, pour, d’abord corriger les disparités territoriales, mais aussi et surtout bâtir un système de santé plus juste, plus moderne et plus humain. C’est la principale voie choisie par les pouvoirs publics pour rendre attractif à l’ensemble des Algériens, des régions au potentiel formidable qui n’attend que l’accueil de professionnels pour les transformer en havre de paix qui serviront l’intérêt suprême de la nation.

Par Nabil.G

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