EDITO

Une décision inappropriée et illégale

L’administration américaine a pris la surprenante décision de refuser d’accorder les visas d’entrée à la délégation palestinienne, dont le président Mahmoud Abbas, qui devait prendre part, en ce mois de septembre, à l’Assemblée générale de l’ONU à New-York. Les raisons avancées par le département d’État pour expliquer cette décision n’ont convaincu personne, et surtout interrogent sur les raisons profondes et réelles qui se cachent derrière ce qui est clairement une entrave au droit international.
Le département de Marco Rubio s’est fondu d’un laconique communiqué où il exige en fait des Palestiniens de renoncer à tous leurs droits et à toutes leurs revendications, diplomatiques, politiques et juridiques déclarant “avant de pouvoir être prises au sérieux en tant que partenaires pour la paix, l”Autorité Palestinienne et l’OLP doivent répudier le terrorisme, les campagnes de guérilla judiciaire devant la Cour Pénale Internationale (CPI) et la Cour Internationale de Justice (CIJ), ainsi que la quête de la reconnaissance unilatérale de l’État palestinien”.
Autrement dit, les Palestiniens ne doivent pas poursuivre le criminel Netanyahou devant les justifications internationales, malgré le fait qu’à Ghaza l’entité sioniste mène une guerre génocidaire, une extermination et une épuration ethnique contre le peuple palestinien, mais plus incensé encore, les Américains exigent des autorités palestiniennes de renoncer à leur droit d’avoir un État indépendant et souverain.
Dans une première réaction, et tout en exprimant des regrets et un étonnement profond face à cette décision, la présidence palestinienne a souligné que “cette décision est clairement en contradiction avec le droit international et l”Accord sur les sièges des Nations unies, d’autant plus que l’Etat de Palestine est un membre observateur des Nations unies». L’Union européenne a aussi exprimé sa désapprobation face à la décision américaine, et le ministre luxembourgeois a même appelé à délocaliser ce rendez-vous onusien, suggérant d’organiser à Genève une session spéciale de l’AG de l’ONU pour s’assurer de la présence des Palestiniens.
Il faut dire que la décision américaine n’a aucun fondement juridique ou légal, mais elle vient juste pour entraver un processus en marche pour une large reconnaissance de l’État de Palestine. Car plusieurs pays, notamment occidentaux, avaient fermement déclaré profiter de cette tribune onusienne pour en faire la déclaration officielle.
L’administration américaine, dont le président fait le forcing pour avoir le prix Nobel de la paix, donne ici une autre preuve de son parti pris en faveur de l’entité sioniste, absout tous ses crimes, et dénigre à tout un peuple le droit légitime d’avoir enfin son État et de jouir de son l’indépendance.

Par Abdelmadjid Blidi

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