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Visite officielle du Président Tebboune en Turquie : plus de deux décennies de partenariat en pleine expansion

Le partenariat stratégique prend tout son sens à travers les 636 projets recensés pour une valeur de 21,3 milliards de dollars. Au total ce sont quelques 1600 à 1700 entreprises qui activent en Algérie.

Le président de la République a entamé, hier, une visite officielle de trois jours en Turquie. Lors de son séjour, il «coprésidera, avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, les travaux de la première session du Conseil de coopération stratégique de haut niveau algéro-turc», rapporte un communiqué de la présidence de la République. Cette visite illustre un partenariat exceptionnel entre les deux pays qui a vu le jour au début des années 2000. La relation entre l’Algérie et la Turquie a connu une évolution remarquable. Au fil des ans, les deux pays, membres de régions stratégiques, ont tissé un partenariat solide, pivotant autour d’échanges économiques, de coopérations politiques et d’investissements conjoints.
A partir de 2002, leur rapprochement a véritablement pris de l’ampleur. Une nouvelle dynamique a été amorcée par une volonté mutuelle d’établir des liens plus solides, dans une région en pleine mutation. Deux ans après l’expression de cette volonté, les deux pays ont signé plusieurs accords bilatéraux dans plusieurs domaines, notamment l’économie, la culture et la défense. Ces textes ont posé les bases d’un partenariat stratégique, qui allait s’approfondir au fil des années. En 2007, le président Recep Tayyip Erdogan se rend en Algérie, confirmant la volonté turque pour le renforcement de la coopération politique et économique, avec la signature de nouveaux accords et la mise en place d’un dialogue régulier.
Cette base de coopération établie, les investissements turcs en Algérie ont pris un essor extraordinaire. Le secteur du bâtiment, la grande distribution, l’énergie et la finance attirent des dizaines d’entreprises turques. En l’espace de quelques années, la Turquie devient l’un des partenaires commerciaux majeurs de l’Algérie dans la région méditerranéenne. Le succès remarquable de l’alliance économique, de loin, l’une des plus dynamiques engagé par l’Algérie depuis son indépendance, a naturellement débouché sur la création, en 2014, d’une commission économique conjointe, destinée à dynamiser les échanges commerciaux et à concrétiser de nouveaux projets communs.
Tout au long des 23 ans de coopération fructueuse entre les deux pays, l’Algérie a accueilli de nombreux investissements turcs. Dans le bâtiment, l’énergie, la sidérurgie, le textile, les industries de l’automobile et des produits détergents, les entreprises turques ont grandement contribué à renforcer l’axe de la production nationale, réduisant par là même les importations, tout en consolidant le capitale industriel de l’Algérie. Les échanges commerciaux entre l’Algérie et la Turquie dépassent les 6 milliards de dollars, au pointage de 2025. Les deux pays ambitionnent de porter ce volume à 10 milliards de dollars à court terme, un objectif réaffirmé par les dirigeants algériens et turcs. Le partenariat stratégique prend tout son sens à travers les 636 projets recensés pour une valeur de 21,3 milliards de dollars. Au total ce sont quelques 1600 à 1700 entreprises qui activent en Algérie.
Parmi les nombreux projets conjoints, celui de la pétrochimie en Turquie mérite une attention particulière. Lancé en 2019, ce partenariat vise à créer une unité de production de polymères, plastiques et autres dérivés pétrochimiques. Avec une capacité de plusieurs centaines de milliers de tonnes par an, cette usine doit renforcer la présence turque dans la chaîne de valeur pétrochimique, tout en assurant des approvisionnements pour les marchés européens et régionaux. Impliquant des sociétés algériennes et turques, ce projet s’inscrit dans la stratégie turque d’optimisation de ses ressources énergétiques et dans la volonté algérienne de diversifier ses partenaires dans le secteur de l’énergie. Il symbolise la volonté commune d’aller vers une coopération économique plus profonde et plus stratégique. Avec l’usine sidérurgique de Tosyali, et l’investissement de Tayal dans l’industrie du textile, ce projet représente le phare du partenariat entre les deux pays. Ainsi, depuis plus de deux décennies, la relation algéro-turque n’a cessé de se renforcer, portée par des ambitions économiques et politiques partagées.

Anissa Mesdouf

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