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Urbanisme : le gel d’un projet immobilier relance le débat sur les dérives persistantes

La semaine dernière, le wali d’Oran a ordonné le gel du permis de construire d’une promotion immobilière en cours de réalisation à Haï Khemisti. Selon les services concernés, ce projet ne respectait pas la réglementation en vigueur en matière d’urbanisme et de construction. Implanté sur une assiette non cadastrée, le chantier est situé en façade d’une mosquée, dont il obstruait partiellement l’accès. En se rendant sur les lieux, le wali a lui-même constaté ces infractions aux règles élémentaires d’urbanisme, notamment le non-respect des distances légales destinées à préserver les servitudes, les voies d’accès et la visibilité des façades mitoyennes.
Un rapport d’expertise foncière, établi à la suite d’une plainte des riverains déposée en janvier 2025, confirme par ailleurs que le terrain d’assiette n’est ni cadastré ni répertorié sur le plan d’occupation des sols (POS). Cette affaire a rapidement suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Des observateurs s’interrogent sur les conditions dans lesquelles le promoteur a pu obtenir l’autorisation de lancer son chantier.
Si une majorité de commentaires a salué l’intervention du wali, perçue comme un coup d’arrêt à une dérive urbaine manifeste, d’autres pointent du doigt les dysfonctionnements persistants au sein des services chargés de l’instruction et de la délivrance des permis de construire. Lors d’une tournée d’inspection de plusieurs projets immobiliers dans la daïra de Bir El Djir, le wali a relevé plusieurs manquements à la réglementation, appelant à chaque étape les responsables locaux, chef de daïra et président de l’APC, à faire preuve de fermeté face aux infractions. Pour de nombreux observateurs, cette daïra reste particulièrement exposée aux dérives urbanistiques, qui alimentent désordre et anarchie dans le tissu urbain. Au-delà de ce cas précis, la situation à Oran illustre une problématique plus large.
Constructions illicites, extensions non autorisées, empiétement sur les trottoirs par des activités informelles : autant de pratiques qui continuent de défigurer l’espace urbain et de compliquer la vie quotidienne des citoyens. Certains promoteurs peu scrupuleux profiteraient encore du laxisme, voire de complicités, au sein de segments de l’administration locale.
Face à cette réalité, les efforts engagés par les autorités pour rétablir le respect de la loi et lutter contre les passe-droits sont globalement salués. Les citoyens appellent toutefois à un renforcement des contrôles et à l’application de sanctions exemplaires, y compris au sein des structures administratives encore réticentes au changement et à la transparence et au progrès.
Dans ce contexte, plusieurs voix plaident également pour une refonte des mécanismes de suivi et de contrôle des projets urbains, incluant une numérisation accrue des procédures, une meilleure traçabilité des autorisations délivrées et une implication plus active de la société civile. Car au-delà des opérations ponctuelles de remise en ordre, c’est bien la crédibilité de la gestion urbaine qui se joue, dans une ville en pleine expansion où la pression foncière et les enjeux économiques accentuent les risques de dérives.

Par S.Benali

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