Le grand show de Davos
Le président américain Donald Trump était aux premières loges et au centre de l’intérêt médiatique mondial mercredi et jeudi derniers. Entre son point de presse surprise pour marquer la première année de son deuxième mandat, et son débarquement au forum de Davos, Trump a capté l’attention de tous les médias, mais aussi des leaders du monde entier.
Trump a fait du Trump. Le locataire de la Maison Blanche s’est attribué, comme à chaque fois, tous les mérites et tous les superlatifs. L’ego démesuré du magnat de l’immobilier s’est manifesté comme jamais auparavant. Plus beau, plus “magnifique”, il n’en existe pas un autre. Le monde a dû ainsi suivre, interloqué, le grand show du patron de l’administration américaine.
A Davos, la présence américaine a été des plus impressionnantes. C’est une délégation de pas moins de 800 personnes qui a accompagné le président américain depuis Washington. Trump a tout simplement fait main basse sur le forum de Davos. Tout était relégué au second plan face à l’omniprésence de celui qui a mis à profit cette rencontre, censée être économique comme le veut la tradition, pour dessiner le futur des relations internationales et dérouler la nouvelle géopolitique du seul point de vue américain.
L’occasion était toute trouvée pour Trump pour lancer son fameux “Conseil de la paix”. Un conseil de la paix en lequel voit le locataire de la Maison Blanche le remplaçant de l’ONU, affirmant que son Conseil de la paix « pourrait » remplacer l’ONU qui « n’a pas été d’une grande aide », ajoutant « je crois beaucoup au potentiel de l’ONU, mais elle ne l’a jamais exploité pleinement ».
Trump, pour sa nouvelle “géniale” trouvaille, a envoyé quelque 60 invitations, mais une trentaine de pays ont donné leur accord de principe de s’y joindre, et à peine une vingtaine étaient présents à Davos pour en signer la charte. Et chacun de ceux-là a dû payer un milliard de dollars pour son ticket d’entrée pour pouvoir prétendre à la place de membre fondateur et permanent. La cérémonie ressemblait étrangement à la première scène du film Le parrain Don Corleone, interprété par Marlon Brando, où chaque signataire donnait l’impression de venir quémander un service au président américain.
Pour rappel, ce conseil de la paix devait concerner uniquement le règlement du conflit à Ghaza, mais Trump en a élargi l’horizon pour voir plus grand. Lui qui martelait sans interruption qu’il a fait arrêter huit guerres et conflits ces derniers temps, disant même, avec sa désormais légendaire modestie, “ avant moi le monde était à feu et à sang”. Et à le croire, ce monde est bien meilleur aujourd’hui. Chacun jugera.
Par Abdelmadjid Blidi